Lucid Motors, le constructeur américain de voitures électriques détenu majoritairement par le fonds souverain saoudien PIF, envisage d’étendre ses activités au Maroc. Cette ouverture potentielle marquerait une nouvelle étape stratégique pour la marque de luxe, après avoir renforcé ses positions dans les marchés clés du Golfe.
Faisal Sultan, président de Lucid pour le Moyen-Orient, a révélé cette intention lors de l’événement Giga Africa 2025 organisé au Maroc. « Dans la région, l’Arabie saoudite reste notre plus grand marché, mais nous prévoyons à terme de nous développer dans d’autres zones comme le Maroc », a-t-il déclaré.
Le dirigeant a précisé que le Royaume saoudien représente actuellement entre 60 et 62 % de la demande totale en véhicules électriques dans le Golfe, confirmant son rôle de moteur de la transition énergétique dans la région. Les Émirats arabes unis suivent avec environ 20 % des ventes, le reste étant réparti entre les autres marchés du CCG (Conseil de coopération du Golfe).
Lucid, dont les livraisons ont débuté en Arabie saoudite en juin 2023 avec le modèle phare Lucid Air, ne communique pas de chiffres de ventes détaillés par pays. Néanmoins, ses résultats récents illustrent une progression marquée dans la région. Au deuxième trimestre 2025, la marque a enregistré un chiffre d’affaires total de 259,4 millions de dollars, contre 235 millions au trimestre précédent. Sur ce total, 36,6 millions provenaient du Moyen-Orient — un bond spectaculaire par rapport aux 7,8 millions enregistrés au premier trimestre.
Dans le détail, l’Arabie saoudite a généré à elle seule 35,9 millions de dollars, contre 0,7 million pour les Émirats arabes unis, où les premières livraisons ont débuté fin 2024. Selon les estimations, moins de cent véhicules auraient été livrés dans le Royaume au deuxième trimestre, preuve d’un positionnement encore sélectif mais en croissance rapide.
Lucid prévoit également d’adopter un modèle de vente par agence — déjà envisagé pour l’Europe — afin de réduire ses coûts fixes et accélérer son déploiement sur de nouveaux marchés. Cette approche permettrait à la marque de concilier rentabilité et expansion, sans recourir à un réseau de distribution traditionnel.
L’arrivée éventuelle de Lucid au Maroc témoigne d’un intérêt croissant des acteurs mondiaux pour le marché africain des véhicules électriques. Le Royaume, fort de ses ambitions industrielles et de sa position stratégique entre l’Europe et l’Afrique, pourrait devenir une passerelle clé pour la marque.
Le troisième trimestre devrait confirmer cette dynamique, alors que la répartition des revenus régionaux sera publiée par la SEC dans les prochaines semaines. Pour l’heure, Lucid continue de miser sur sa montée en puissance au Moyen-Orient, portée par le soutien du PIF, détenteur de 58 % du capital.

