Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié ce lundi son rapport sur la conjoncture du marché du travail au deuxième trimestre 2025. Une photographie chiffrée qui témoigne à la fois de la résilience urbaine de l’emploi et des séquelles persistantes de la sécheresse sur le tissu rural.
Sur les douze derniers mois, le pays a enregistré une évolution marginale de l’emploi avec un solde net de 5.000 postes créés, résultat d’un rééquilibrage entre une dynamique positive en milieu urbain (+113.000 emplois) et une hémorragie dans les campagnes (-107.000 postes).
Le redressement repose essentiellement sur l’emploi salarié, qui a connu une progression de 132.000 postes, tandis que les formes d’emploi non rémunéré ont reculé de 126.000 postes, traduisant une recomposition du marché vers des statuts plus structurés.
Le choc le plus visible demeure dans le secteur agricole, lourdement pénalisé par les conditions climatiques, avec une perte sèche de 108.000 emplois. En revanche, les BTP affichent une belle dynamique avec 74.000 créations nettes, suivis des services (+35.000) et de l’industrie (+2.000).
Du côté du chômage, la tendance est à la baisse : le nombre de personnes sans emploi recule de 38.000, ramenant la population en situation de chômage à 1,595 million au niveau national. Le taux de chômage fléchit à 12,8 %, contre 13,1 % un an plus tôt. Ce recul reste cependant inégalement réparti : -0,3 point en zone urbaine et -0,5 point en zone rurale.

Malgré cette amélioration globale, certaines catégories continuent d’afficher des taux alarmants : 35,8 % chez les jeunes de 15 à 24 ans, 19 % chez les diplômés, et 19,9 % chez les femmes.
Autre signal préoccupant : la progression du sous-emploi, qui concerne désormais 1,147 million de personnes, contre 1,042 million l’an dernier. Ce phénomène s’intensifie aussi bien en ville (+83.000) qu’à la campagne (+22.000), portant le taux national de sous-emploi à 10,6 %, en hausse d’un point par rapport à l’an passé.
Ce rapport semestriel du HCP met ainsi en lumière une reprise encore fragile et très différenciée selon les territoires et les secteurs d’activité. Une lecture attentive s’impose pour anticiper les ajustements nécessaires en matière de politiques publiques et de développement régional.


