Le gouvernement marocain a officiellement reconnu 54 communes comme zones sinistrées à la suite des inondations qui ont frappé les régions du Gharb et du Loukkos à la fin du mois de janvier 2026. La décision, publiée au Bulletin officiel du 27 avril et signée par le chef du gouvernement Aziz Akhannouch, ouvre la voie au déclenchement du mécanisme légal d’indemnisation prévu en cas de catastrophe naturelle.
Les communes concernées sont réparties dans quatre provinces particulièrement exposées aux crues : Sidi Kacem, Larache, Kénitra et Sidi Slimane. Le texte officiel fixe le début de l’événement au 28 janvier 2026 à 1h du matin, pour une durée totale de 455 heures, soit près de 19 jours d’intempéries et de perturbations. Cette précision répond aux normes internationales appliquées dans le secteur de la réassurance et permet l’activation des dispositifs de couverture liés aux catastrophes naturelles.
La province de Sidi Kacem concentre à elle seule 19 communes reconnues sinistrées. Parmi elles figurent Mechraâ Bel Ksiri, Khnichet, Dar El Aslouji, Zirara et Sidi El Kamel, des territoires régulièrement confrontés aux débordements des cours d’eau de la région. Larache et Kénitra comptent chacune 16 communes concernées. Dans la province de Larache, les villes et communes de Ksar El Kébir, Larache, Zouwada, Sahel et Bni Arous apparaissent sur la liste officielle. Du côté de Kénitra, les communes de Moulay Bousselham, Sidi Allal Tazi, Souk El Arbaa et Arbaoua figurent également parmi les zones reconnues comme sinistrées. La province de Sidi Slimane ferme la liste avec trois communes : Ouled Hcine, Ameur Chamalia et M’saada.
Cette reconnaissance officielle permet désormais aux ménages, agriculteurs, commerçants et acteurs économiques affectés par les inondations d’entamer les démarches d’indemnisation prévues par la loi 110.14 relative à la couverture des conséquences des événements catastrophiques. Le dispositif s’appuie notamment sur le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques, mis en place pour prendre en charge les dommages corporels et matériels subis lors de catastrophes naturelles majeures.
Les fortes pluies enregistrées dans le nord-ouest du Maroc au cours de l’hiver avaient provoqué d’importantes crues dans les bassins du Gharb et du Loukkos. Plusieurs routes avaient été coupées, des exploitations agricoles inondées et des habitations touchées par la montée des eaux, notamment dans les zones rurales situées à proximité des oueds.
La publication de cette liste intervient toutefois dans un contexte de débat autour des critères retenus par les autorités pour délimiter les zones sinistrées. Plusieurs élus locaux et acteurs associatifs avaient plaidé pour l’intégration de communes relevant des provinces de Chefchaouen et de Taounate, également touchées par les intempéries de janvier. Ces territoires n’ont finalement pas été inclus dans le périmètre reconnu officiellement par le gouvernement, ce qui prive les habitants concernés des mécanismes d’indemnisation liés au statut de catastrophe naturelle.
Selon les dispositions réglementaires en vigueur, la qualification d’« événement catastrophique » repose sur plusieurs paramètres techniques et juridiques, notamment l’étendue géographique des dégâts, la durée de l’événement et l’évaluation des impacts humains et économiques. La publication au Bulletin officiel constitue l’étape indispensable pour activer les procédures d’indemnisation et mobiliser les mécanismes de solidarité prévus par la législation marocaine.


