Les récentes inondations qui ont frappé le Gharb et le bassin du Loukkos ont provoqué des pertes importantes pour la filière agrumicole marocaine, poussant les professionnels du secteur à réclamer une intervention urgente des pouvoirs publics afin d’éviter une crise durable sur la production, les exportations et l’emploi agricole. Sur le terrain, les premiers constats font état de chutes massives de fruits, de pertes totales de stocks d’intrants chez certains producteurs et de dégâts significatifs sur le matériel agricole, fragilisant directement la campagne agrumicole en cours.
Selon les données recueillies auprès des producteurs touchés par les intempéries, l’intensité exceptionnelle des précipitations, combinée aux débordements d’oueds et aux vents violents, a fortement perturbé les vergers, en particulier certaines variétés d’oranges déjà proches de la récolte. Dans plusieurs exploitations, les pertes financières sont immédiates, avec des recettes compromises et une capacité de redémarrage incertaine pour les semaines à venir.
Au-delà de l’impact visible sur la production actuelle, les professionnels alertent sur un risque agronomique plus profond. Près d’un tiers des superficies plantées pourrait être affecté par la stagnation prolongée des eaux. Ce phénomène menace directement les racines des arbres, pouvant entraîner leur asphyxie et, à terme, la disparition d’une partie du verger national si la situation perdure. Une telle évolution pèserait lourdement sur les campagnes futures et sur la stabilité globale de la filière agrumicole marocaine.
Les conséquences économiques dépassent déjà le cadre strictement agricole. La baisse attendue du volume commercialisable pourrait réduire le chiffre d’affaires des producteurs et limiter les capacités d’exportation sur les marchés internationaux durant la campagne actuelle. Dans des régions où l’agriculture représente un pilier social et économique, la pression sur l’emploi saisonnier et permanent devient une préoccupation majeure pour les acteurs locaux.
Face à l’ampleur des dégâts, les professionnels du secteur appellent à la mise en place rapide de mesures d’accompagnement. Les attentes portent notamment sur des dispositifs de soutien financier, la réhabilitation des plantations endommagées et la compensation des pertes subies afin de permettre une reprise progressive de l’activité. L’objectif reste de sécuriser la prochaine campagne agricole et de préserver la compétitivité de l’agrumiculture marocaine sur les marchés internationaux.
Dans ce contexte, la profession salue la mise en place d’un programme d’urgence destiné à soutenir les populations et les agriculteurs touchés par les intempéries. Les représentants de la filière espèrent désormais que les exploitations agrumicoles, considérées comme un levier économique majeur dans ces zones, bénéficieront d’un accompagnement conséquent pour relancer la production et stabiliser les revenus agricoles dans les mois à venir.

