Le Maroc se hisse au quatrième rang des pays arabes détenteurs de bons du Trésor américain, selon les dernières données du département du Trésor relayées par Forbes Middle East. Avec des avoirs passant de 3,2 milliards de dollars en décembre 2024 à 4,1 milliards en décembre 2025, le royaume confirme une présence modeste mais croissante sur ce marché stratégique. Cette progression s’inscrit dans une dynamique de gestion prudente des réserves et de couverture des importations, explique Hassan Fawaz, président et fondateur de GivTrade.
Malgré cette hausse, le Maroc reste loin derrière les géants du Golfe. L’Arabie saoudite domine avec 149,5 milliards de dollars, suivie par les Émirats arabes unis (95,6 milliards) et le Koweït (66,1 milliards), cumulant ensemble plus de 310 milliards de dollars, soit l’essentiel des avoirs arabes en bons du Trésor américain. En 2025, ces trois pays ont enregistré des hausses annuelles notables : +12 milliards pour l’Arabie saoudite, +18,5 milliards pour les Émirats et +15,7 milliards pour le Koweït, reflétant des choix stratégiques orientés vers la sécurité et la rentabilité à long terme.
Au Maroc, cette évolution traduit la volonté de renforcer les réserves de précaution face aux fluctuations économiques mondiales, tout en tirant parti de l’essor des investissements directs étrangers et du tourisme. Les avoirs marocains ont cependant connu de légères variations mensuelles, atteignant un point bas de 3,3 milliards en janvier 2025 avant de remonter progressivement, illustrant une approche mesurée et prudente.

Cette tendance s’inscrit également dans le contexte des mouvements des taux d’intérêt aux États-Unis. Le cycle de trois baisses consécutives du taux directeur de la Réserve fédérale a coïncidé avec l’augmentation des portefeuilles des pays du Golfe, qui privilégient la dette à long terme pour limiter le risque de réinvestissement. Près de 70 % du portefeuille arabe est désormais investi sur des échéances longues, une stratégie qui combine sécurité et rendement dans un environnement financier mondial incertain.
Pour le Maroc, la progression de ses avoirs reste proportionnelle à sa taille économique et à ses besoins financiers. Elle illustre une gestion responsable et stratégique des liquidités, offrant au royaume une marge de manœuvre accrue pour sécuriser ses échanges commerciaux et soutenir ses projets de développement.

