La production de myrtilles au Maroc traverse une période critique après les violentes tempêtes qui ont frappé, fin février, la région de Souss-Massa, l’un des principaux bassins de culture du pays. Selon l’Organisation internationale de la myrtille (IBO, 2026), ces événements climatiques pourraient entraîner une baisse des volumes récoltés ainsi qu’un calibre plus faible des fruits pour la saison en cours.
Les systèmes frontaux enregistrés les 26 et 27 février ont apporté des vents atteignant 110 km/h et provoqué des inondations, endommageant particulièrement les serres et d’autres infrastructures agricoles. Certaines zones, comme Chtouka Ait Baha, ont été particulièrement touchées, ayant déjà subi neuf épisodes de tempêtes depuis janvier.
Selon l’IBO, la perte de production pourrait se situer entre 15 % et 25 %, avec certains cas enregistrant jusqu’à 50 % de pertes. Ces conditions difficiles s’inscrivent dans une campagne 2025-2026 déjà marquée par une météo défavorable, similaire à celle observée en Espagne et au Portugal.
Conséquences sur les exportations
Les données douanières marocaines de janvier 2026 montrent une chute de plus de 50 % des exportations de myrtilles, confirmant les effets des intempéries sur le commerce international. Les acteurs du secteur estiment que les répercussions pourraient être considérables, notamment pour les petits producteurs qui doivent investir massivement pour réparer leurs infrastructures.
À l’échelle nationale, les exportations pourraient reculer de plus de 20 %, aussi bien dans le bassin du Souss-Massa que dans celui du Loukkos, au nord du pays. Certaines exploitations enregistreraient même des pertes dépassant les 50 %. Les exploitations les mieux équipées semblent toutefois avoir mieux résisté et poursuivent leurs activités.
Perspectives et résilience de la filière
Malgré ce contexte difficile, le Maroc continue de se positionner comme un acteur émergent sur le marché mondial des myrtilles. Des initiatives d’amélioration génétique, de modernisation des techniques de production et de gestion des risques climatiques, détaillées dans les rapports sectoriels de l’IBO (2025-2026), pourraient permettre aux exploitations de renforcer leur résilience face aux aléas météorologiques.
L’IBO recommande également aux producteurs d’investir dans des structures protégées et dans des systèmes de drainage afin de limiter les effets des futurs événements climatiques extrêmes.


