Lors de sa visite à Moscou, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a eu un long entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov, marqué par une convergence notable sur plusieurs dossiers régionaux majeurs, dont la question du Sahara marocain.
Selon les informations rapportées par plusieurs sources diplomatiques, les deux responsables ont souligné que le droit international ne saurait être interprété de manière à freiner le processus de règlement politique de la question du Sahara. Bourita a insisté sur le fait que le Maroc et la Russie « partagent la même lecture » des principes juridiques internationaux : ceux-ci doivent servir à avancer vers des solutions, et non à perpétuer le statu quo.
Cette rencontre intervient alors que la Russie assure la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois d’octobre, période au cours de laquelle la question du Sahara figure à l’ordre du jour. Le chef de la diplomatie marocaine a appelé à prendre en compte « la nouvelle dynamique » qui marque ce dossier sur la scène internationale, portée par la vision du Roi Mohammed VI et l’évolution des positions de plusieurs capitales étrangères.
Bourita a salué le rôle de Moscou, qualifiant la Russie « d’acteur essentiel », à la fois membre du Groupe des pays amis du Sahara et puissance permanente du Conseil de sécurité. Il a par ailleurs affirmé que les consultations entre Rabat et Moscou se poursuivront dans les jours à venir, dans un esprit de dialogue constructif « au service de la paix et de la stabilité régionales ».
Des positions alignées sur la cause palestinienne
Le dossier palestinien a également occupé une place centrale dans les échanges entre les deux ministres. Bourita a indiqué que le Maroc et la Russie partagent des positions proches quant à la nécessité d’une solution politique juste et durable au conflit. Le ministre marocain a réitéré l’attachement du Royaume, sous la conduite du Roi Mohammed VI, président du Comité Al-Qods, à la solution à deux États : la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Al-Qods-Est pour capitale.
Il a souligné que sans règlement équitable de la question palestinienne, aucune stabilité durable n’est envisageable au Moyen-Orient, appelant l’ensemble des parties concernées à respecter les accords de cessez-le-feu et à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le Sahel, un axe stratégique du dialogue maroco-russe
La rencontre a enfin permis d’évoquer la situation préoccupante dans la région du Sahel. Les deux ministres ont plaidé pour le respect de la souveraineté et des choix politiques des États sahéliens, rejetant toute forme de tutelle étrangère, qu’elle provienne d’anciennes puissances coloniales ou d’acteurs extérieurs cherchant à y exercer une influence disproportionnée.
Bourita a rappelé que le Maroc accorde une priorité absolue à la stabilité du Sahel, en soutenant les pays de la région dans leurs stratégies nationales de lutte contre le terrorisme et de développement. Il a cité notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger, assurant que le Royaume se tient « aux côtés de ces nations » dès lors que leurs décisions reposent sur la légitimité populaire et la volonté souveraine de leurs peuples.
Pour Rabat comme pour Moscou, cette coopération renouvelée traduit la conviction que la stabilité régionale passe par le respect des souverainetés nationales et le dialogue équilibré entre partenaires.

