À Rabat, le Conseil de la concurrence a souligné mardi l’importance cruciale de la presse pour assurer la transparence et la compréhension de ses décisions. Lors de l’ouverture de la cinquième édition de sa rencontre annuelle avec les médias, le président Ahmed Rahhou a insisté sur le rôle central des journalistes comme relais permettant aux citoyens et aux acteurs économiques de mieux appréhender les missions et méthodes de travail de l’institution.
Ahmed Rahhou a rappelé que le Conseil de la concurrence agit à travers deux instruments principaux : le traitement des dossiers contentieux et l’émission d’avis, que ce soit à la demande d’instances officielles ou de sa propre initiative sur des thématiques jugées stratégiques. En 2025, l’activité du Conseil a connu une forte intensification, notamment dans le contrôle des opérations de concentration économique, avec 190 dossiers traités, impliquant des acteurs nationaux et internationaux, publics ou privés.
La plupart de ces opérations ont donné lieu à des décisions favorables, certaines assorties de restrictions ciblées dans des secteurs fortement concentrés. Le Conseil veille à respecter des délais maîtrisés, en recourant lorsque nécessaire à la procédure de circuit rapide prévue par la loi. Quant aux avis, ils sont élaborés en fonction de leur impact potentiel sur le pouvoir d’achat des citoyens ou de l’intérêt général, reflétant une démarche proactive et structurée.
Le président a également mis en avant la progression de l’activité contentieuse, soulignant qu’elle traduit une meilleure connaissance par les acteurs économiques des missions du Conseil et des mécanismes de recours prévus par la législation marocaine. Cette dynamique témoigne d’un environnement économique plus transparent et d’une meilleure interaction entre régulateur et opérateurs économiques.
La rencontre a été marquée par la remise des “Prix de la recherche du Conseil de la concurrence”, récompensant des travaux universitaires innovants en économie, gestion et droit de la concurrence. Le 1er prix a été attribué à Kenza Khabir pour son mémoire sur l’application du droit de la concurrence dans les marchés publics. Le 2e prix est revenu à Zineb Moutameni pour son étude sur le contrôle des opérations de concentration économique au Maroc, tandis que le 3e prix a distingué Soukaina Masli pour son mémoire sur le bien-être du consommateur en droit de la concurrence, en droit marocain et comparé.
Cette initiative illustre la volonté du Conseil de la concurrence de renforcer la culture économique et juridique autour des pratiques de marché, tout en consolidant le rôle de la presse comme vecteur d’information et de pédagogie sur les enjeux économiques et concurrentiels au Maroc.

