Le regard du football mondial sur le Maroc a définitivement changé. Et cette fois, ce n’est ni un ancien international africain, ni un consultant enthousiaste qui le dit, mais bien Didier Deschamps, champion du monde comme joueur et entraîneur, habitué aux sommets du football international.
Lors de l’annonce de sa liste pour le Mondial 2026, le sélectionneur français a glissé le nom du Maroc dans une phrase qui n’a rien d’anodin. Aux côtés de l’Espagne, du Brésil, de l’Argentine, de l’Allemagne ou encore de l’Angleterre, les Lions de l’Atlas ont été cités parmi les sélections capables d’aller chercher la Coupe du monde. Une reconnaissance symbolique, mais surtout révélatrice du nouveau statut acquis par la sélection marocaine depuis l’épopée historique du Qatar.
« Est-ce qu’on est plus favoris que l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, l’Angleterre, l’Argentine, le Brésil, le Maroc… », a lancé Deschamps devant les journalistes, plaçant sans détour les hommes de Mohamed Ouahbi dans le cercle très fermé des nations désormais prises au sérieux par les géants du football mondial.
Il y a encore quelques années, voir le Maroc cité dans la même respiration que ces monstres sacrés aurait ressemblé à un excès d’optimisme. Aujourd’hui, cela paraît presque logique. Car depuis la demi-finale historique du Mondial 2022 au Qatar, une première pour une nation africaine et arabe, les Lions de l’Atlas ont cessé d’être une simple surprise. Ils sont devenus une équipe que les grandes nations analysent, respectent… et parfois craignent.
Le plus intéressant dans cette évolution n’est pas seulement le talent individuel d’un effectif porté par Achraf Hakimi ou par une nouvelle génération ambitieuse. C’est surtout la maturité collective que dégage désormais cette sélection : une équipe capable de défendre avec discipline européenne, de jouer avec tempérament sud-américain et de porter une ferveur populaire que peu de nations peuvent égaler.
Le Mondial 2026 offrira un nouveau test grandeur nature. Placés dans un groupe C relevé avec le Brésil, l’Écosse et Haïti, les Lions débuteront leur campagne le 13 juin au MetLife Stadium face à la Seleção, dans ce qui ressemble déjà à l’un des grands rendez-vous du premier tour. Pour préparer cette échéance nord-américaine, la Fédération royale marocaine de football a installé son camp de base dans le New Jersey, avec des séances programmées à la Pingry School.
Mais au-delà des dispositifs logistiques ou des projections tactiques, la sortie de Didier Deschamps raconte surtout autre chose : le Maroc n’est plus invité à la table des grands par sympathie ou exotisme footballistique. Il y est désormais parce qu’il l’a mérité sur le terrain. Et dans le football moderne, où le respect se gagne rarement avec des discours, c’est probablement la victoire la plus significative.

