La Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s’annonce déjà inaccessible pour une partie des supporters africains. À un an du tournoi, Washington a considérablement durci les conditions d’entrée sur le territoire américain pour plusieurs nationalités du continent, imposant des garanties financières pouvant atteindre 13.000 euros pour l’obtention d’un visa.
Les ressortissants du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de l’Algérie, de la Tunisie ou encore du Cap-Vert figurent parmi les plus concernés par ces nouvelles mesures. En plus de l’explosion des coûts liés au voyage, à l’hébergement et aux billets des matchs, ils devront désormais satisfaire à des exigences administratives et financières particulièrement strictes pour espérer assister au Mondial 2026.
Au cœur du dispositif se trouve le « Visa Bond Program », instauré par l’administration américaine en août 2025 afin de limiter les dépassements de séjour et l’immigration irrégulière. Initialement appliqué à 38 pays, le programme a ensuite été élargi à plusieurs autres États. Il impose aux demandeurs de visa issus des pays concernés le versement d’une caution financière récupérable uniquement si le voyageur quitte les États-Unis dans les délais autorisés.
Selon plusieurs médias internationaux, les montants réclamés varient entre 4.350 euros pour un mineur et près de 13.000 euros pour un adulte. Des sommes jugées largement dissuasives pour de nombreux supporters africains qui prévoyaient de faire le déplacement afin de soutenir leurs sélections nationales.
Pour justifier cette politique migratoire, les autorités américaines s’appuient sur les statistiques du Département de la sécurité intérieure concernant les dépassements de visas enregistrés en 2024. Washington affirme notamment que 13,5 % des ressortissants cap-verdiens, 8,5 % des Ivoiriens, 6,5 % des Algériens et 4,5 % des Sénégalais n’auraient pas respecté la durée légale de leur séjour sur le territoire américain.
Face aux inquiétudes grandissantes autour de l’accès au Mondial 2026, la FIFA a toutefois obtenu une exemption pour les délégations officielles. Les joueurs, sélectionneurs, staffs techniques et responsables administratifs ne seront pas soumis à ces garanties financières. L’accord a été validé le 13 mai dernier par le département d’État américain, dans le cadre de la coopération engagée avec l’instance mondiale du football.
« Nous restons déterminés à renforcer les priorités des États-Unis en matière de sécurité nationale tout en facilitant les déplacements légitimes pour la prochaine Coupe du monde », a déclaré Mora Namdar, secrétaire d’État adjointe aux affaires consulaires, citée par plusieurs médias spécialisés.
Pour les supporters, la situation reste en revanche particulièrement compliquée. L’obtention du visa dépend désormais de plusieurs critères supplémentaires, notamment la possession de billets officiels pour les matchs et l’inscription sur le système « FIFA Pass », mis en place afin d’accélérer le traitement des demandes consulaires. Plus de 14.000 personnes auraient déjà utilisé cette plateforme.
Les supporters sénégalais et ivoiriens apparaissent parmi les plus pénalisés par ces restrictions. Depuis décembre 2025, leurs pays figurent sur une liste de nations soumises à des limitations partielles d’entrée aux États-Unis. Concrètement, les personnes qui ne détenaient pas déjà un visa avant cette date risquent de se voir refuser l’accès au territoire américain, même dans le cadre d’un séjour lié à la Coupe du monde.
Cette politique suscite de nombreuses critiques dans les milieux sportifs africains. Plusieurs responsables estiment que ces mesures créent une inégalité entre les supporters selon leur nationalité et risquent de priver certaines sélections africaines d’un soutien populaire essentiel pendant la compétition.
À l’approche du Mondial 2026, la question des visas et des restrictions d’entrée s’impose ainsi comme l’un des principaux enjeux extra-sportifs du tournoi. Pour des milliers de supporters africains, le rêve de vivre une Coupe du monde aux États-Unis pourrait finalement se transformer en parcours administratif et financier hors de portée.


