Le cinéma marocain brillait une nouvelle fois à la Mostra de Venise, mais c’est un geste symbolique qui a marqué les esprits autant que la projection. À l’occasion de la présentation en avant-première mondiale de Rue Malaga, son nouveau long métrage sélectionné dans la section Pleins feux sur Venise, la réalisatrice Meryem Touzani et son époux, le producteur et cinéaste Nabil Ayouch, ont attiré tous les regards sur le tapis rouge.
Sous l’apparence d’un simple accessoire de mode, un sac à main porté par Meryem Touzani dissimulait en réalité une pancarte. En la dévoilant face aux caméras, le couple a laissé apparaître un message sans équivoque : « Stop Genocide », suivi d’un hommage direct à Gaza. Un geste noble, empreint d’humanisme, qui a résonné au-delà du cadre cinématographique pour rappeler l’urgence d’une cause qui dépasse les frontières.
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Quelques heures plus tard, Nabil Ayouch a partagé la vidéo de ce moment sur son compte Instagram avec ces mots : « World premiere of Calle Malaga at the Venice Film Festival. Our hearts beat for Gaza. Stop the Genocide. » Un post largement relayé, salué pour son courage et sa portée universelle.
Une œuvre marocaine en pleine lumière
Si ce geste politique et humaniste a marqué les médias présents à Venise, il n’a pas éclipsé la force cinématographique de Rue Malaga. Produit par Ayouch et coproduit avec plusieurs pays européens, le film plonge dans l’intimité d’une femme espagnole de 79 ans vivant à Tanger, confrontée à la perte de son foyer et à la redécouverte de l’amour.
Avec un casting prestigieux, mené par la grande actrice Carmen Maura, le film confirme la volonté de Touzani de traiter des sujets intimes et universels, tout en ancrant son cinéma dans le Maroc contemporain.
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Un couple d’artistes engagés
En mêlant engagement artistique et engagement citoyen, Touzani et Ayouch confirment leur statut de figures majeures du 7e art marocain. Déjà reconnus sur la scène internationale; de Cannes aux Oscars, ils choisissent aujourd’hui de profiter de la visibilité offerte par Venise pour élever la voix contre les drames du monde.
La première mondiale de Rue Malaga s’annonçait comme un moment fort pour le cinéma marocain. Elle restera aussi comme l’instant où deux de ses plus grands ambassadeurs ont rappelé, face aux projecteurs du monde, que l’art ne se contente pas de raconter des histoires : il peut aussi porter les espoirs et les colères d’une génération.

