Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a lancé un cri d’alarme face à la situation dramatique dans la bande de Gaza. Il a décrit un territoire « saturé de ruines et de cadavres », théâtre de possibles violations graves du droit international, près de deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023.
Nouvelles frappes meurtrières
Selon des sources médicales locales, au moins 21 Palestiniens ont perdu la vie ce vendredi matin lors d’attaques israéliennes menées à travers l’enclave. La veille déjà, la Défense civile avait fait état de 61 morts liés aux bombardements. Parmi les dernières victimes, cinq personnes ont été tuées par un drone israélien visant des tentes de déplacés dans le secteur d’al-Mawasi, au sud de Gaza, pourtant considéré comme une « zone de sécurité ». Des enfants figurent également parmi les blessés.
Un exode permanent
Alors que l’armée israélienne a annoncé l’inévitabilité d’une opération terrestre à Gaza-ville, des milliers d’habitants continuent de fuir vers le sud. Familles entières, charrettes tirées par des ânes, véhicules surchargés ou simples marcheurs illustrent l’ampleur d’un déplacement qui se répète sans fin. L’ONU estime que presque l’ensemble des 2,3 millions d’habitants a déjà été contraint de quitter son foyer au moins une fois depuis le début du conflit.
Pressions internationales et fractures internes
Malgré les critiques croissantes de la communauté internationale et les débats au sein même de la société israélienne, l’armée poursuit ses opérations dans le nord et dans la région de Khan Younès. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite, a même exhorté le Premier ministre Benjamin Netanyahu à aller jusqu’à l’annexion de Gaza.
De son côté, le mouvement Hamas dénonce une politique de « déplacement forcé » qu’il assimile à un nettoyage ethnique.
Aide humanitaire insuffisante
En visite sur place, la directrice du Programme alimentaire mondial, Cindy McCain, a décrit une situation ayant atteint un « point de rupture ». Malgré une reprise partielle de l’entrée de l’aide humanitaire depuis mai, après un blocage total en mars, les quantités demeurent largement insuffisantes selon l’ONU et les ONG. Des experts onusiens font état en parallèle de disparitions forcées, y compris d’enfants, survenues dans le sud de l’enclave.
Un bilan accablant
D’après le ministère de la Santé de Gaza, dont les chiffres sont jugés crédibles par l’ONU, le nombre de Palestiniens tués depuis le début de l’offensive israélienne s’élève désormais à 62 966.

