Le Maroc s’impose parmi les rares pays salués par Organisation mondiale de la santé pour les progrès réalisés dans la modernisation des données de mortalité. Dans son rapport World Health Statistics 2026, l’organisation internationale met en avant l’expérience marocaine comme un exemple concret d’amélioration des systèmes d’information sanitaire, à l’heure où une grande partie du monde peine encore à produire des statistiques fiables et exploitables.
L’OMS rappelle que les données de mortalité constituent un outil central pour comprendre l’évolution des maladies, orienter les politiques de santé publique et anticiper les crises sanitaires. Pourtant, les lacunes restent considérables à l’échelle mondiale. Seuls 18 % des pays transmettent leurs données de mortalité dans un délai inférieur à un an, tandis que près d’un tiers n’ont jamais communiqué d’informations détaillées sur les causes de décès.
Selon le rapport, sur environ 61 millions de décès enregistrés dans le monde en 2023, seulement 21 millions ont été notifiés à l’OMS avec une indication de cause. Plus préoccupant encore, à peine 12 millions de cas disposent de données considérées comme réellement exploitables selon les standards internationaux de classification des maladies.
Dans ce contexte, le parcours engagé par le Maroc retient particulièrement l’attention. Le Royaume est passé d’un système centralisé, couvrant à peine 30 % de la population et générant un nombre élevé de causes de décès mal définies, à une plateforme numérique décentralisée alignée sur les standards internationaux.
Cette transformation a été menée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale en coordination avec le ministère de l’Intérieur, avec l’appui de l’initiative Bloomberg Philanthropies Data for Health. Le nouveau dispositif repose sur la saisie en ligne des certificats de décès, un codage automatisé des causes de mortalité ainsi qu’un mécanisme de contrôle qualité en temps réel.
L’OMS estime que cette réforme a permis d’élargir significativement la couverture de la population et d’augmenter le volume de certificats traités chaque année. La part des causes de décès mal identifiées a également reculé, améliorant la précision des statistiques sanitaires nationales.
L’intégration d’outils recommandés par l’organisation internationale a par ailleurs renforcé l’exploitation des données dans l’élaboration des politiques publiques. Les autorités sanitaires disposent désormais d’indicateurs plus fiables pour suivre certaines pathologies, identifier les tendances épidémiologiques et ajuster les programmes de prévention.
Le rapport souligne que les avancées du Maroc illustrent l’impact des investissements dans la digitalisation des systèmes de santé et dans le renforcement des capacités statistiques. L’OMS considère que ces progrès restent possibles même dans des contextes marqués par des contraintes budgétaires ou des infrastructures administratives limitées.
Le Royaume prépare désormais une nouvelle étape avec l’adoption de la classification internationale ICD-11. Cette évolution doit améliorer davantage la comparabilité des données marocaines avec celles des autres pays et faciliter l’interopérabilité des systèmes de santé à l’échelle internationale.


