Jamais l’or n’aura été extrait en aussi grande quantité. Selon les dernières statistiques du Conseil mondial de l’or (CMO), la production mondiale a culminé à 3 661 tonnes en 2024, un niveau inédit porté par la flambée des cours et par des investissements massifs dans l’exploration minière.
L’Afrique, poumon de la production mondiale
Le continent africain reste la première zone productrice avec plus de 1 010 tonnes annuelles, soit près d’un tiers du total mondial. Dans certaines années, son poids a même atteint la moitié de l’offre planétaire. Viennent ensuite l’Asie (665 tonnes), les pays de la CEI – dont la Russie et l’Ouzbékistan – (584 tonnes), l’Amérique latine (519 tonnes), l’Amérique du Nord (500 tonnes) et l’Océanie (346 tonnes).
Les champions nationaux de l’or
Par pays, la Chine continue d’occuper la première place depuis qu’elle a dépassé l’Afrique du Sud en 2007. En 2024, elle a produit 380,2 tonnes, bien en deçà de son record de 463,7 tonnes atteint en 2016. La Russie (330 tonnes) et l’Australie (284 tonnes) complètent le podium. Suivent le Canada (202,1 tonnes), les États-Unis (158 tonnes), le Ghana (140,6 tonnes), le Mexique (140,3 tonnes), l’Indonésie (140,1 tonnes), le Pérou (136,9 tonnes) et l’Ouzbékistan (129,1 tonnes).
L’Afrique du Sud, longtemps leader incontesté avec plus de 1 000 tonnes par an dans les années fastes, est désormais sortie du top 10 : sa production a chuté à seulement 99 tonnes en 2024.
Répartition de l’or dans le monde : bijoux, banques centrales et investisseurs
Depuis le début de l’humanité, environ 220 000 tonnes d’or ont été extraites par l’activité minière. Plus de 86 % de ce stock hors-sol ont été produits au cours des deux derniers siècles seulement.
À l’échelle individuelle, cela représente moins de 3 grammes d’or par habitant. Détenir davantage que cette moyenne équivaut déjà à figurer parmi les privilégiés, d’autant que les banques centrales conservent près de 17 % du stock mondial, valorisé à 24 000 milliards de dollars.
La répartition de l’or prend plusieurs formes : environ 45 % des volumes se trouvent sous forme de bijoux, quand les lingots destinés à l’investissement privé représentent 22 %, soit plus de 47 000 tonnes.
L’or, un actif stratégique pour les banques centrales
Si la Chine et la Russie figurent parmi les plus gros producteurs, elles ne dominent pas pour autant le classement des banques centrales détentrices d’or. Les premières places sont occupées par les États-Unis (8 133 tonnes), l’Allemagne (3 352 tonnes), l’Italie (2 452 tonnes) et la France (2 437 tonnes). La Chine n’arrive qu’au cinquième rang avec 2 280 tonnes.
Particularité du cas chinois : malgré ses volumes de production considérables, Pékin continue d’importer régulièrement des dizaines de tonnes supplémentaires. Son immense réserve de change – plus de 3 000 milliards de dollars – reste pourtant relativement peu adossée au métal jaune.
Une demande toujours soutenue mais contrastée
Ces dernières années, l’attrait pour l’or s’est renforcé. Les banques centrales ont accru leurs achats, les fonds indiciels adossés à l’or ont grossi et la demande en bijouterie demeure robuste. En revanche, l’or utilisé dans les secteurs technologiques et industriels ralentit, malgré son rôle central dans les smartphones et composants électroniques de pointe.


