L’or fléchit sous la pression de Washington
Les cours de l’or ont poursuivi leur glissade ce mardi, dans un contexte de crispation commerciale relancée par les déclarations fermes du président américain Donald Trump, qui a confirmé le maintien du calendrier de nouveaux droits de douane pour août, malgré des délais de négociation offerts à certains pays.
L’once d’or s’est échangée autour de 3 285 dollars, accusant une baisse de 0,5 %, après avoir déjà cédé 1 % lors de la séance précédente. Ce recul s’explique en partie par le report progressif d’un dispositif douanier lié à ce que la Maison-Blanche surnomme désormais le « Jour de la libération », initialement prévu en avril, puis glissé vers juillet, avant d’être fixé à août. Une manœuvre diplomatique qui a réduit l’appétit pour les actifs refuge, dont le métal jaune.
Vers de nouvelles taxes sur le cuivre et les médicaments ?
Bien que ce décalage ait pu temporairement rassurer les marchés, le président Trump a ouvertement envisagé d’étendre les hausses tarifaires à d’autres secteurs sensibles, notamment les importations de cuivre et de produits pharmaceutiques, renforçant ainsi l’incertitude sur l’environnement commercial mondial. Une perspective qui pourrait relancer l’intérêt pour les valeurs refuges, mais qui, pour l’heure, tarde à produire ses effets sur l’or.
Marché de l’emploi robuste, taux en suspens
Le recul du métal précieux s’est également accentué dans le sillage d’un rebond des rendements obligataires américains. Un rapport sur l’emploi plus solide que prévu aux États-Unis a réduit les anticipations d’un assouplissement monétaire rapide de la Réserve fédérale. Avec des taux d’intérêt appelés à rester élevés, l’or, qui ne génère pas de revenu, devient mécaniquement moins attractif.
Un actif qui conserve du souffle
Malgré cette série de corrections, le bilan annuel reste très positif pour l’or, qui affiche une progression supérieure à 25 % depuis janvier. En avril, il avait même atteint un sommet historique, porté par les tensions géopolitiques, les ajustements monétaires et l’appétit des banques centrales. La Chine, en particulier, a confirmé cette semaine un huitième mois consécutif d’achat d’or, alimentant la demande mondiale.
Ce mercredi matin à Londres, le métal précieux s’échangeait autour de 3 292,50 dollars l’once, en légère baisse. De leur côté, l’argent, le platine et le palladium évoluaient également dans le rouge, tandis que le dollar américain restait stable selon l’indice Bloomberg Dollar Spot.

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L’or fléchit sous la pression de Washington

