Les marchés financiers mondiaux ont retrouvé un peu d’air lundi après plusieurs semaines dominées par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les investisseurs ont accueilli favorablement les signaux d’un possible accord entre les États-Unis et l’Iran, alimentant l’espoir d’une désescalade durable autour du détroit d’Ormuz, point névralgique du commerce mondial d’hydrocarbures. Résultat immédiat : le pétrole chute fortement, les taux obligataires reculent et les principales places boursières repartent dans le vert.
Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, est repassé sous les 100 dollars le baril pour la première fois depuis deux semaines, enregistrant une baisse de 5% à 98,36 dollars en début de séance européenne. Le pétrole américain WTI suivait la même trajectoire, abandonnant plus de 5% à 91,38 dollars le baril. Cette détente intervient alors que Washington affirme être proche d’un accord “solide” avec Téhéran, malgré les déclarations plus prudentes de Donald Trump sur une issue rapide au conflit.
Selon plusieurs médias américains, les discussions en cours entre les deux capitales pourraient permettre une réouverture complète et sécurisée du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié. Pour les marchés, cette perspective réduit le risque d’une rupture prolongée des flux énergétiques mondiaux, principal facteur de nervosité depuis le début des tensions régionales.
Le soulagement s’est immédiatement propagé aux marchés obligataires et au marché des changes. En zone euro, les rendements des emprunts d’État ont nettement reculé. Le taux du Bund allemand à dix ans, considéré comme une valeur refuge européenne, est redescendu à 2,98%, tandis que l’emprunt français à dix ans reculait à 3,59%. Cette détente reflète un apaisement des craintes inflationnistes qui avaient poussé les investisseurs à anticiper des politiques monétaires plus agressives de la part des banques centrales.
Le dollar, lui aussi porté ces dernières semaines par son statut de valeur refuge, a perdu du terrain face à l’euro. La monnaie unique européenne progressait à 1,1636 dollar, signe d’un retour de l’appétit pour le risque sur les marchés internationaux.
Dans ce contexte plus favorable, les Bourses mondiales ont largement rebondi. À Paris, le CAC 40 gagnait plus de 1% dans les premiers échanges, tandis que Francfort et Milan évoluaient également en hausse. En Asie, Tokyo a signé l’une des meilleures performances de la journée avec un Nikkei en progression de 2,87%. Les marchés chinois ont aussi terminé dans le vert, portés par la baisse des prix de l’énergie et la perspective d’un commerce mondial moins perturbé.
Cette amélioration du climat financier bénéficie particulièrement aux économies fortement dépendantes des importations d’hydrocarbures, notamment en Europe et en Asie. Une baisse durable du pétrole pourrait en effet alléger la pression sur les coûts industriels, le transport et le pouvoir d’achat des ménages, tout en réduisant le risque d’un retour marqué de l’inflation.
Les investisseurs restent néanmoins prudents. Si les marchés saluent l’éventualité d’un compromis diplomatique entre Washington et Téhéran, beaucoup attendent encore des annonces concrètes avant d’écarter définitivement le scénario d’une nouvelle flambée énergétique. Après plusieurs semaines rythmées par les tensions militaires et les incertitudes sur l’approvisionnement mondial, les opérateurs financiers semblent toutefois vouloir croire à un retour progressif à la stabilité.

