À l’occasion de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, une partie de la presse internationale, dont Le Figaro, remet en lumière une réalité désormais incontestable : le sport n’est plus un simple terrain de compétition, mais un espace d’influence, de dialogue et de projection géopolitique. Un constat que le Maroc observe avec intérêt, et surtout avec une expérience désormais tangible.
Dans un monde fragmenté, traversé par des tensions persistantes, le sport agit comme un langage parallèle. Là où les discours officiels s’essoufflent, il rassemble, capte l’attention et transmet des messages puissants, souvent plus audibles que les sommets diplomatiques classiques. Cette lecture, largement développée par Le Figaro, trouve un écho particulier au sud de la Méditerranée.
Le sport, un levier économique et symbolique majeur
Le sport mondial représente aujourd’hui un poids économique stratégique, évalué à près de 2 % du PIB mondial. Droits télévisés, sponsoring, tourisme sportif, industries créatives : les grands événements sont devenus des plateformes d’attractivité globale. Les Jeux olympiques, en particulier, s’imposent comme l’un des produits médiatiques les plus puissants de la planète, capables de façonner une image nationale en quelques semaines.
L’exemple de Paris 2024, souvent cité par la presse française, illustre cette mutation : retombées économiques significatives, afflux touristique, mais surtout construction d’un récit national maîtrisé, inclusif et lisible à l’échelle mondiale. Une démonstration qui dépasse les frontières hexagonales et inspire de nombreux pays émergents.
Une diplomatie sportive qui parle aux peuples
L’olympisme, dans son essence, fonctionne comme une diplomatie douce. Chaque cérémonie, chaque image diffusée, chaque podium raconte une histoire : celle d’un pays, de ses valeurs, de sa capacité à accueillir et à fédérer. Ce message ne s’adresse pas seulement aux États, mais directement aux peuples, aux opinions publiques, aux générations connectées.
Dans ce sens, les Jeux de Milan-Cortina, puis ceux des Alpes en 2030, s’inscrivent dans une logique européenne de coopération, de sobriété et d’héritage durable. Une approche qui confirme que le sport est désormais pensé comme un outil politique au sens noble du terme.
Le Maroc et la CAN : une affirmation continentale
Cette lecture internationale du sport comme instrument diplomatique résonne fortement avec l’expérience marocaine récente. La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc entre fin 2025 et début 2026 a marqué un tournant. Par la qualité des infrastructures, la mobilisation populaire, les audiences et l’organisation globale, le Royaume a démontré sa capacité à accueillir un événement continental majeur tout en portant un récit africain assumé.
Au-delà du football, c’est une image du Maroc moderne, structuré et ouvert qui s’est imposée. Une image capable de rassurer, d’attirer et de fédérer. À travers cet événement, le sport est devenu un vecteur de fierté nationale, mais aussi un outil d’influence régionale et internationale.
Un sport marocain qui revendique le sens et la responsabilité
Au Maroc, cette réflexion sur le rôle sociétal du sport commence également à se structurer. À travers des initiatives comme l’Université citoyenne marocaine du sport, fondée par l’ancien international de handball et docteur en neurosciences cognitives Mustapha Belkaraouia, une autre vision du sport gagne du terrain.
Défendue lors d’une conférence organisée à Casablanca en décembre dernier, au cœur du parc de la Ligue Arabe « La Casablancaise », cette approche met en avant une communication sportive responsable, positive et non violente. Un sport qui ne se limite plus à la quête de médailles ou de performances, mais qui produit du lien social, du sens et de la résilience collective. Un sport qui agit sur la santé mentale, l’éducation et l’inclusion, et qui s’inscrit pleinement dans les enjeux contemporains d’une société en quête de repères et de cohésion.

Une responsabilité à la hauteur de l’exposition mondiale
Parce que le sport est aujourd’hui un média à part entière, tout y est amplifié. Les gestes, les mots, les symboles circulent instantanément et façonnent les perceptions. Cette visibilité impose une responsabilité nouvelle aux acteurs du sport business, aux institutions et aux organisateurs.
Les dérives existent, elles sont réelles : violences, discriminations, instrumentalisation. Mais elles ne doivent pas occulter l’essentiel. Le sport demeure l’un des rares espaces universels capables de créer du lien, de transmettre des valeurs et de rappeler, dans un monde sous tension, que la compétition peut aussi être un terrain de paix.
Vers un sport porteur de sens
Au Maroc, cette vision commence à se structurer. Des initiatives émergent pour promouvoir un sport plus responsable, plus éducatif, plus inclusif. Un sport qui ne se limite pas aux trophées, mais qui agit sur la cohésion sociale, la santé mentale et la transmission des valeurs.
À l’heure où la presse internationale analyse l’olympisme comme un outil de soft power, le Maroc avance avec une certitude : lorsqu’il est pensé, organisé et raconté avec justesse, le sport devient bien plus qu’un spectacle. Il devient un langage universel, capable de relier les peuples et de repositionner les nations sur l’échiquier mondial.

