Le Code du travail marocain s’apprête à connaître une réforme de fond. C’est ce qu’a annoncé, ce jeudi à Casablanca, Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences, lors d’une rencontre organisée par la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). L’objectif affiché : adapter la législation aux réalités du marché tout en renforçant les droits des travailleurs.
La nouvelle mouture du Code, actuellement en finalisation, devrait être soumise au circuit législatif dans les prochaines semaines. Une entrée en vigueur est espérée d’ici la fin de l’année. Ce texte ambitionne de répondre aux besoins exprimés par les entreprises, notamment en matière de souplesse à l’embauche, tout en assurant une meilleure protection sociale et juridique des salariés.
Parmi les principaux changements annoncés figurent l’assouplissement des modalités d’embauche, la mise en place d’un cadre légal pour le télétravail, la clarification du statut du travail partiel et saisonnier, ainsi que le renforcement des mesures d’inclusion pour les femmes. Ce virage est pensé comme un levier d’attractivité pour les entreprises, souvent contraintes par une législation jugée rigide.
Le ministre a également souligné l’importance d’une réforme structurelle de l’ANAPEC. L’agence nationale pour l’emploi devra désormais mieux cibler les profils peu ou pas diplômés, qui représentent plus de 50 % des 1,6 million de chômeurs au Maroc. Objectif : repositionner l’ANAPEC comme un acteur central de l’insertion professionnelle, avec des outils de placement et de suivi plus performants.
Autre axe fort : la relance de l’apprentissage. Le gouvernement ambitionne de passer de 24.000 à 100.000 apprentis formés par an. Ce plan s’adresse en priorité aux petites et moyennes entreprises, dans une logique de renforcement des compétences et de lutte contre le chômage des jeunes.
Enfin, un nouveau dispositif d’appui aux très petites entreprises (TPE) et aux auto-entrepreneurs a été annoncé. Il comprend un accompagnement opérationnel sur les charges de loyer, la comptabilité et l’équipement professionnel. Ce programme vise à soutenir 110.000 bénéficiaires, en particulier les personnes physiques actives dans l’économie informelle ou en voie de formalisation.
En toile de fond, cette réforme du droit du travail s’inscrit dans une vision plus large de modernisation des politiques de l’emploi au Maroc. Elle vise à instaurer un pacte économique plus équilibré entre flexibilité pour les employeurs et sécurité pour les salariés, afin d’accompagner les mutations du marché de l’emploi et de renforcer l’inclusion économique.


