Le chantier de la réforme universitaire au Maroc entre dans une nouvelle phase. Mardi, devant la Chambre des conseillers, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, a annoncé que 26 nouveaux établissements universitaires sont actuellement en phase finale d’approbation. Cette première vague s’inscrit dans le cadre du projet de la nouvelle carte universitaire nationale, destiné à désengorger les campus et à adapter l’offre de formation aux réalités régionales et aux métiers émergents.
Le responsable gouvernemental a précisé que cette première tranche, validée par la Commission nationale de coordination, sera suivie d’une seconde étape portant sur 23 autres établissements. Au total, 49 nouvelles structures universitaires devraient ainsi voir le jour à travers le Royaume dans les prochaines années.
Le ministère entend, à travers cette réorganisation, répondre à la pression croissante que connaissent plusieurs universités marocaines, marquées par une hausse continue du nombre d’étudiants. L’objectif affiché consiste à améliorer les conditions d’apprentissage, réduire la surcharge des amphithéâtres et renforcer l’équilibre territorial de l’enseignement supérieur.
Cette réforme s’appuie sur les dispositions de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation, de formation et de recherche scientifique, ainsi que sur les articles 5 et 8 de la loi sur l’enseignement supérieur. Ces textes prévoient la mise en place d’un schéma directeur chargé d’anticiper les évolutions du secteur et de planifier le développement universitaire selon les besoins des régions et des transformations économiques.
Parmi les annonces marquantes figure la restructuration de l’Université Ibn Zohr, considérée comme l’un des plus vastes pôles universitaires du pays. Selon le ministre, cette université couvre près de 55 % du territoire national et accueille environ 170.000 étudiants. Une configuration devenue difficile à gérer au regard des enjeux pédagogiques, administratifs et territoriaux.
Le projet prévoit ainsi sa division en cinq universités distinctes. Les futures structures concerneront notamment les villes de Dakhla, Laâyoune et Guelmim, tandis que deux universités seront implantées à Aït Melloul et Agadir. Le projet prévoit également le rattachement de Ouarzazate à sa région universitaire d’appartenance.
Au-delà du volet académique, le gouvernement souhaite intégrer une dimension sociale à cette réforme. Le ministre a indiqué que plusieurs mesures d’accompagnement sont prévues autour du logement universitaire, du transport, de la restauration et du financement des étudiants. Des textes liés à la gouvernance universitaire accompagneront également cette transformation afin d’assurer une meilleure gestion des futurs établissements.
Le ministère affirme vouloir construire une nouvelle génération d’universités capables de répondre aux besoins locaux tout en tenant compte des exigences du marché international du travail. Cette orientation vise notamment les secteurs liés aux métiers mondiaux, à l’innovation et à la recherche scientifique.
Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique a déjà transmis ses observations sur le projet. Le ministère assure que ces recommandations seront examinées avant la validation définitive de la nouvelle carte universitaire.
Dans un contexte marqué par l’augmentation du nombre d’étudiants et les attentes croissantes autour de la qualité de l’enseignement supérieur, cette réforme apparaît comme l’un des principaux chantiers éducatifs engagés par le Maroc pour les prochaines années.


