La tension sociale se maintient dans le secteur de l’éducation au Maroc. Le syndicat de l’Union nationale de l’enseignement, affilié à l’Union des syndicats populaires, réclame la mise en œuvre immédiate d’une augmentation générale des salaires de 2 500 dirhams au profit de l’ensemble des enseignants. Cette revendication s’accompagne d’une demande claire d’instaurer le samedi comme jour de repos hebdomadaire officiel et de fixer le volume horaire de travail à 18 heures par semaine.
Dans un communiqué, la centrale syndicale rappelle que ces mesures s’inscrivent dans le cadre de l’Accord du 26 décembre 2023, appelant à son application intégrale, notamment à travers la généralisation de l’indemnité complémentaire aux catégories encore exclues. Le syndicat souligne que ces revendications respectent également les principes de la Convention internationale n°100 de l’Organisation internationale du travail, relative à l’égalité salariale pour un travail de valeur équivalente.
Concernant le repos hebdomadaire, l’organisation estime que l’officialisation du samedi est conforme au décret n°2.05.916 et au principe d’uniformité de la règle juridique applicable à l’ensemble des fonctionnaires de l’État. Sur le plan pédagogique, elle met en avant les résultats jugés positifs de la limitation du temps d’enseignement à 18 heures hebdomadaires, une formule déjà expérimentée dans certaines écoles, notamment à travers le dispositif des établissements pionniers et le système du temps scolaire trilatéral.
Le syndicat dénonce par ailleurs ce qu’il qualifie de mise en œuvre défaillante du statut unifié de la fonction publique de l’éducation, pointant une pression psychologique et professionnelle accrue sur les enseignants, en particulier dans le cycle primaire. Il alerte également sur l’attribution de tâches non prévues par la loi, comme la surveillance hors classe ou l’obligation de tenir certains outils pédagogiques, qu’il considère contraires aux dispositions réglementaires en vigueur.
Enfin, l’Union nationale de l’enseignement appelle à un règlement urgent de l’ensemble des dossiers en suspens, notamment ceux liés au phénomène dit des « zones de stagnation professionnelle ». Elle annonce la préparation d’un mémorandum revendicatif à caractère juridique, destiné au ministère de l’Éducation nationale, affirmant que l’amélioration de l’école publique passe nécessairement par la reconnaissance du rôle central de l’enseignant dans la construction du Maroc de demain.

