Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale, a affirmé que le Maroc traverse « une conjoncture marquée par une série de revendications à caractère social émanant de toutes les catégories de la société, et non uniquement de la jeunesse ». Selon lui, la réforme du système de santé figure au premier rang des préoccupations actuelles, un constat qu’il a jugé « compréhensible et légitime ».
Le ministre s’exprimait mercredi soir devant la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, réunie à la demande des groupes et du groupement parlementaires, pour examiner « la situation actuelle du système de santé et les mesures prises afin d’accélérer la mise en œuvre de sa réforme, dans l’objectif de garantir aux citoyens leur droit aux soins et à la couverture sanitaire », où le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, a par ailleurs annoncé la mise en place d’une retransmission en direct de la séance avec le ministre de la Santé et de la Protection sociale. Cette décision a été prise en réponse à la demande formulée par plusieurs députés, afin de permettre à l’ensemble des Marocains de suivre en temps réel les discussions sur l’avenir du système de santé.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la retransmission en direct de cette réunion exceptionnelle se poursuit sur les canaux officiels du Parlement. Et Tahraoui a souligné que « le gouvernement comprend ces revendications et partage avec les citoyens les mêmes inquiétudes ». Il a rappelé que le chantier de réforme globale sur lequel l’Exécutif est engagé constitue « la réponse adaptée aux attentes grandissantes », en mettant l’accent sur l’accès à des soins de qualité, respectueux de la dignité des patients sur l’ensemble du territoire national.
Reconnaissant le caractère « chronique et accumulé » des problèmes du secteur, le ministre a précisé que la refonte en cours touche plusieurs piliers : infrastructures, ressources humaines, gouvernance et digitalisation. Son exposé a également abordé la question budgétaire liée à la Santé et à la Protection sociale.
S’adressant aux députés, Tahraoui a rappelé : « Vous avez voté à l’unanimité la loi-cadre, ce qui témoigne d’une volonté collective réelle d’aboutir à la réforme ». Et d’ajouter : « Aucun parti politique n’est opposé à la réhabilitation du système de santé national, quelles que soient ses considérations propres ».
Cette réunion d’urgence intervient dans un contexte de mobilisation dans plusieurs villes marocaines, portée par le mouvement dit « Gen Z 212 » (Génération Z), largement relayé sur les réseaux sociaux. Le ministre a insisté sur le fait que « le gouvernement comprend ce qui se passe et partage pleinement le ressenti des citoyens face aux dysfonctionnements persistants du système de santé ».
Les manifestations en cours se distinguent par leur caractère exclusivement juvénile et n’ont été revendiquées par aucune organisation politique ou associative. Les initiateurs du mouvement affirment, à travers leurs publications sur Facebook, leur indépendance et leur dimension pacifique, insistant sur des « revendications sociales légitimes » sans lien avec une quelconque orientation partisane ou idéologique.

