Un geste lourd de sens, et aux conséquences potentiellement dévastatrices : la plateforme mondiale de location Airbnb vient d’opérer un glissement qui dépasse largement le cadre de la simple cartographie. En réponse à une pression exercée par un lobby pro-séparatiste basé à l’étranger, l’entreprise a choisi de dissocier les villes de Laâyoune, Dakhla et Boujdour du Royaume du Maroc sur son interface. Une modification qui, en apparence technique, constitue en réalité un affront manifeste à la souveraineté nationale.

Ce virage a été salué comme une « victoire » par le Western Sahara Resource Watch (WSRW), organisation connue pour son activisme politique autour du Sahara marocain. Dans une lettre adressée à Airbnb mi-juin, le groupe avait réclamé la suppression de toute mention du Maroc pour les hébergements situés dans le Sud du Royaume. Airbnb a obtempéré, sans mot dire. Résultat : les utilisateurs découvrent désormais des offres localisées dans un flou géopolitique volontairement entretenu.
Le silence de la plateforme est assourdissant. Pas de déclaration officielle, pas de justification. Pourtant, le message est clair : en gommant l’appartenance de ces villes au territoire marocain, Airbnb s’engage, délibérément ou non, sur le terrain dangereux de la partialité politique.
Ce choix choque d’autant plus que le Maroc n’est pas un marché secondaire pour la firme. Depuis son implantation dans le Royaume, Airbnb profite de conditions exceptionnellement favorables : une croissance touristique soutenue, une stabilité institutionnelle, une fiscalité compétitive et un environnement propice à l’investissement. À Marrakech seulement, plus de 17.000 logements sont proposés sur la plateforme. Et pourtant, au lieu de respecter ce pays hôte, Airbnb cède à des pressions marginales et met en péril un lien de confiance tissé depuis des années.
Il est aussi important d’ajouter que c’est l’ensemble du tissu touristique du Sud marocain qui pourrait pâtir de cette manipulation : Dakhla et Laâyoune, devenues des pôles d’attractivité pour les voyageurs du monde entier, sont aujourd’hui artificiellement isolées de leur réalité administrative. Cette stratégie, lourde de conséquences, mine les efforts de développement déployés dans ces régions.
Alors que les appels à une réponse ferme se multiplient, la question est désormais posée : jusqu’où les géants du numérique peuvent-ils aller dans leur mépris des réalités souveraines des pays qui les hébergent ? Pour nombre de Marocains, la ligne rouge est franchie. Et le silence d’Airbnb ne pourra pas couvrir longtemps le bruit du scandale.

