Une nouvelle impulsion est donnée au tissu coopératif agricole marocain. Jeudi à Meknès, en marge du Salon International de l’Agriculture au Maroc, une convention de partenariat a été signée entre l’Office national du conseil agricole, l’Office du développement de la coopération et la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural. L’accord vise à renforcer la professionnalisation des coopératives agricoles et à faciliter leur intégration dans les filières organisées, avec en ligne de mire une meilleure compétitivité et un accès élargi aux marchés.
Paraphée en présence du ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, et du secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Lahcen Essaâdi, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de structuration du secteur agricole. Elle ambitionne d’améliorer la gouvernance des coopératives, de moderniser leur fonctionnement et de simplifier leur accès aux dispositifs d’appui, qu’ils soient techniques, financiers ou institutionnels.
Pour Hicham Rahali, directeur général de l’ONCA, cette convention traduit une convergence de vues autour de la pérennisation du modèle coopératif. Sur le terrain, l’office mise sur son réseau de proximité pour accompagner les agriculteurs, en agissant aussi bien sur l’amélioration des rendements que sur la valorisation des produits du terroir et leur commercialisation.
Le poids du secteur coopératif confère à cette initiative une portée particulière. Selon Aïcha Errifaai, directrice générale de l’ODCO, le Maroc compte plus de 40.000 coopératives agricoles, rassemblant plus d’un demi-million de petits exploitants. Un potentiel considérable, encore sous-exploité, qui appelle une évolution vers des structures plus organisées, capables de répondre aux exigences du marché et de s’inscrire durablement dans l’économie nationale.
Même constat du côté de la COMADER. Son président, Rachid Benali, insiste sur la dimension stratégique de cet accord pour les petits et moyens agriculteurs. À ses yeux, le renforcement des organisations collectives constitue un levier incontournable pour consolider la chaîne de valeur agricole et protéger les exploitants face aux aléas économiques et climatiques.
Au-delà des intentions, la convention prévoit des actions concrètes. Il s’agit notamment de renforcer les capacités managériales des coopératives, d’encourager des pratiques de gestion transparentes et d’introduire des outils numériques destinés à faciliter le pilotage quotidien des structures. L’objectif est clair : faire émerger des coopératives plus solides, mieux structurées et capables de s’imposer sur des marchés de plus en plus concurrentiels.
Cette signature intervient dans le cadre de la 18e édition du SIAM, organisée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, qui se poursuit jusqu’au 28 avril autour de la thématique de la durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire. Un contexte qui renforce la portée de cette convention, à un moment où l’agriculture marocaine cherche à concilier performance économique, résilience et inclusion des petits producteurs.


