Attaque sanglante en RDC : 3 morts et tension croissante
Dans la nuit du 10 au 11 mars 2026, la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo, a été frappée par une série d’explosions causées par des drones.
Les frappes ont visé un quartier où résident des humanitaires et des responsables locaux. Selon les premières informations, trois personnes ont perdu la vie, dont une ressortissante française travaillant pour l’UNICEF. Les habitants ont décrit des scènes de panique, des bâtiments partiellement détruits et des flammes encore visibles dans les décombres au petit matin.
Selon les sources locales, une partie de Goma reste sous le contrôle du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda. Cette présence armée contribue à rendre certaines zones de la ville particulièrement vulnérables face aux frappes et limite l’accès des autorités locales et des organisations humanitaires aux quartiers touchés.
Des équipes du mécanisme conjoint de vérification élargi de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Monusco se sont immédiatement rendues sur le site pour évaluer les dégâts et sécuriser la zone. Le feu se dégageait encore des décombres de l’immeuble touché au matin du 11 mars, confirmant l’ampleur matérielle de l’attaque.
Ces incidents surviennent dans un contexte où plusieurs partenaires internationaux, dont l’Union européenne, la Belgique, la France et les États-Unis, avaient déjà exprimé leur inquiétude face aux violations répétées du cessez-le-feu et à la multiplication des attaques ciblant les civils dans l’est de la RDC. Ces partenaires ont souligné que la protection des populations et du personnel humanitaire doit rester prioritaire et qu’aucune solution militaire ne peut remplacer un dialogue politique inclusif et durable.
Le président français, Emmanuel Macron, a également réagi sur le réseau social X :
« Une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma. À sa famille, à ses proches, à ses collègues, j’adresse le soutien et l’émotion de la Nation…. », mettant en lumière l’urgence d’assurer la sécurité des humanitaires, souvent exposés à des risques extrêmes pour aider les populations vulnérables.
Une humanitaire française de l’UNICEF a été tuée à Goma. À sa famille, à ses proches, à ses collègues, j’adresse le soutien et l’émotion de la Nation.
J’appelle au respect du droit humanitaire et des personnels qui sont sur place et qui s’engagent pour sauver des vies.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) March 11, 2026
Condamnant fermement l’attaque, le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a affirmé que l’attaque n’est malheureusement pas un incident isolé et que les armes doivent se taire pour faire place à la négociation et promouvoir le dialogue entre les parties pour éviter de nouvelles pertes humaines.
🇨🇩 L’attaque de drone à Goma ce matin a coûté la vie à une humanitaire et à plusieurs civils.
Ce n’est malheureusement pas un incident isolé — on constate la multiplication de ce type d’attaques, en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties ces derniers temps.
Je…— Maxime PREVOT (@prevotmaxime) March 11, 2026
Les enjeux liés à la protection des travailleurs humanitaires ont été immédiatement rappelés par la commissaire européenne Hadja Lahbib. Elle a déclaré : « Une frappe de drone a touché un immeuble résidentiel où vivent des travailleurs humanitaires et du personnel européen. Toutes les parties doivent respecter leurs engagements. Le droit international humanitaire doit être respecté », conformément à l’article 9 de la quatrième Convention de Genève.
Depuis l’ouverture du conflit entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le groupe armé M23, les violences ont causé des pertes massives parmi les civils et les combattants, avec des massacres au fil des affrontements dans l’est de la RDC. Ces combats ont provoqué l’exode de millions de déplacés internes.
« Depuis le début de l’année 2026, plus de 74 000 personnes se sont nouvellement déplacées en RDC, portant le total à environ 6,47 millions de personnes déplacées internes (PDI) », selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).


