La Syrie a annoncé, jeudi 16 avril, avoir repris le contrôle de l’ensemble des bases militaires autrefois occupées par les forces des États-Unis sur son territoire, marquant la fin d’une présence américaine entamée il y a plusieurs années dans le cadre de la lutte contre le groupe État islamique.
Dans un communiqué, le ministère syrien des Affaires étrangères s’est félicité d’une « remise complète » des installations militaires, précisant que l’opération s’était déroulée en coordination totale avec Washington. Cette transition s’inscrit dans un retrait progressif amorcé fin février, au cours duquel les troupes américaines ont évacué leurs positions, notamment dans le nord-est du pays.
Parmi les sites concernés figure la base stratégique de Qasrak, située dans la province de Hassaké, une région longtemps dominée par les forces kurdes. Selon des sources locales et un responsable du ministère syrien de la Défense, les troupes gouvernementales ont pris possession d’une base désormais entièrement désertée par les militaires américains. Des convois ont été observés quittant la zone en direction de la frontière irakienne, confirmant la fin de cette présence.
Au cours des derniers mois, Qasrak avait servi de plateforme logistique essentielle pour les opérations de la coalition internationale antijihadiste, facilitant le transit d’équipements et de renforts vers les zones sensibles. Le retrait marque ainsi un tournant stratégique, après des années durant lesquelles les forces américaines coordonnaient des frappes aériennes et soutenaient les opérations contre les cellules de l’organisation jihadiste.
Ce désengagement intervient dans un contexte régional tendu, alors que Washington redéployait ses capacités militaires vers d’autres théâtres, notamment en lien avec les tensions impliquant l’Iran et le conflit déclenché fin février avec Israël. Dans le même temps, le pouvoir central à Damas renforce son emprise territoriale, notamment dans des zones auparavant échappant à son contrôle.
La reprise des bases s’accompagne d’une évolution politique notable. Les autorités syriennes mettent en avant l’intégration progressive des forces kurdes au sein des structures nationales et affirment être désormais en mesure d’assurer elles-mêmes la lutte contre les menaces sécuritaires. Une position qui s’appuie sur l’affaiblissement territorial de l’État islamique, officiellement défait en 2019, le groupe conserve toutefois des cellules dormantes dans plusieurs zones désertiques.
Pour Damas, cette étape consacre le retour de la souveraineté sur des zones stratégiques du nord-est et marque la fin d’un cycle militaire ouvert au plus fort de la guerre contre l’expansion jihadiste. Reste à savoir si ce nouvel équilibre permettra de contenir durablement les résurgences du groupe et de stabiliser une région encore marquée par des années de conflit.


