Une nouvelle liaison autoroutière pourrait bientôt remodeler la mobilité dans le nord du Maroc, offrant un souffle inédit à un corridor saturé entre Tanger et Tétouan.
Les autorités marocaines s’apprêtent à enclencher un projet routier d’envergure destiné à moderniser l’accès aux grands pôles urbains du Nord. Une autoroute longue d’environ 60 kilomètres est à l’étude pour créer un axe rapide entre Tanger et Tétouan, un couloir aujourd’hui sous pression face à l’essor démographique et économique de la région.
Cette future infrastructure se positionne comme une réponse directe aux limites de la route nationale N2, principal itinéraire reliant les deux villes. Aux heures de pointe, la congestion y est telle que le trajet dépasse fréquemment les 90 minutes. Le projet, mené en partenariat avec la Société Nationale des Autoroutes du Maroc, devrait voir ses études techniques et environnementales lancées dès l’année prochaine. La réalisation du chantier est pour sa part envisagée à partir de 2027, sous réserve de la validation des mécanismes de financement.
L’objectif ne se limite pas à l’amélioration du confort des automobilistes. Cette nouvelle artère est pensée comme un levier stratégique pour fluidifier les opérations logistiques autour du complexe portuaire Tanger Med et renforcer l’accès aux zones touristiques de la côte de Tamuda, en pleine montée en puissance. Transporteurs, visiteurs et entreprises bénéficieront d’un itinéraire plus sûr et plus rapide.
Les projections financières, encore provisoires, évaluent l’investissement à près de 6 milliards de dirhams. Une enveloppe justifiée par la topographie complexe du tracé et par la construction d’ouvrages majeurs. Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale d’expansion du réseau autoroutier, avec un accent particulier sur la région Tanger–Tétouan–Al Hoceïma, devenue l’un des moteurs de développement du Royaume.

