Dans le sud-est de la Turquie, une série de fusillades dans des établissements scolaires a provoqué une onde de choc nationale et relancé le débat sur la circulation des armes à feu, la sécurité dans les écoles et la gestion des contenus en ligne. En l’espace de quelques jours, deux attaques distinctes ont fait au moins neuf morts et plusieurs blessés, tandis que les autorités ont procédé à des centaines d’interpellations et au blocage de comptes sur les réseaux sociaux.
La première attaque s’est produite à Kahramanmaraş, dans le sud du pays. Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu dans son collège, tuant huit élèves âgés de 10 à 11 ans ainsi qu’une enseignante de 55 ans. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’auteur des tirs aurait utilisé des armes appartenant à son père, ancien membre des forces de l’ordre. L’attaque, menée en pleine journée dans deux salles de classe, a semé la panique parmi les élèves et le personnel, certains enfants tentant de fuir par les fenêtres. Le tireur est décédé peu après les faits, les autorités évoquant la piste d’un suicide dans le chaos de la scène. Les investigations ont également mis en avant une possible influence de contenus extrémistes en ligne, sans lien établi avec une organisation terroriste.
Quelques jours plus tôt, un autre adolescent armé avait déjà blessé seize personnes dans un lycée technique de la province de Sanliurfa, dans le sud-est du pays. Ces deux épisodes rapprochés ont profondément choqué l’opinion publique et relancé les critiques sur l’accès facilité aux armes à feu, souvent détenues de manière illégale en Turquie selon plusieurs estimations.
Dans la foulée des attaques, les autorités turques ont durci leur réponse. Le ministère de la Justice a annoncé l’arrestation de 162 personnes et le blocage de plus de 1 000 comptes sur les réseaux sociaux. Ces comptes sont accusés d’avoir diffusé des contenus « susceptibles de semer la peur », de propager de fausses informations ou de faire l’apologie des fusillades. La police a également confirmé l’émission de mandats d’arrêt contre des dizaines d’individus pour trouble à l’ordre public et glorification de crimes.
À Ankara, la colère s’est également exprimée dans la rue. Plus de 3 500 enseignants ont manifesté pour dénoncer l’insécurité dans les écoles et réclamer des mesures urgentes. Les syndicats dénoncent un climat devenu intenable après deux attaques en une semaine, tandis que les familles des victimes appellent à un renforcement des contrôles et à une meilleure prévention.
Au-delà du choc immédiat, ces événements posent la question de la régulation des armes à feu en Turquie et de l’influence des contenus violents en ligne sur des adolescents en rupture. Les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de ces attaques et d’identifier d’éventuelles failles dans le suivi des mineurs concernés.


