L’hôtel Avanti de Mohammedia change officiellement de propriétaire, marquant une étape décisive dans la longue saga judiciaire de la raffinerie Samir. Ce mercredi 10 juillet 2025, le tribunal de commerce de Casablanca a acté la vente du prestigieux établissement hôtelier pour la somme de 170 millions de dirhams, dans le cadre de la procédure de liquidation enclenchée il y a près de dix ans. Ce transfert de propriété met un terme à des mois de flottement et ravive les espoirs de dynamisation économique dans une ville encore marquée par la fermeture de son ancienne locomotive industrielle.
Situé en bord de mer entre Casablanca et Rabat, l’Avanti n’est pas un hôtel comme les autres. Avec ses 156 chambres, ses restaurants, son centre de bien-être et son night-club, il représente l’un des rares actifs valorisables encore liés à la Société Anonyme Marocaine de l’Industrie du Raffinage. L’établissement appartenait à la Société Hôtelière Samir, une filiale de la raffinerie mise en liquidation judiciaire en 2015. Estimé initialement à 165 millions de dirhams, l’hôtel a finalement été cédé à un prix légèrement supérieur, confirmant l’intérêt stratégique que représente ce site balnéaire.
L’affaire n’en était pas à son premier rebondissement. Une tentative d’acquisition par la famille Aït Menna, active dans le secteur hôtelier, avait échoué in extremis en octobre 2024, malgré une offre validée. Ce revers avait plongé la procédure de liquidation dans une impasse, nécessitant un nouvel appel à candidatures. La société Remax Immo est finalement sortie gagnante de l’adjudication, surpassant plusieurs soumissionnaires. Le tribunal a exigé non seulement une offre financière solide, mais aussi un projet clair et structuré, incluant le maintien des emplois et la relance rapide de l’activité hôtelière.
Pour Mohammedia, cette transaction dépasse le simple enjeu immobilier. L’hôtel, idéalement placé sur la corniche, est perçu comme un moteur potentiel pour relancer le tourisme local, stimuler l’emploi et redorer l’image d’une ville longtemps dépendante de l’industrie pétrolière. Depuis la mise en liquidation de Samir, Mohammedia tente de diversifier son tissu économique. Le redémarrage de l’Avanti pourrait ainsi symboliser un tournant dans cette reconversion.
Cette vente s’inscrit plus largement dans un processus progressif de cession des biens de Samir, dont les actifs sont écoulés au compte-gouttes pour tenter d’éponger un passif colossal. Si l’Avanti n’est qu’un maillon de cette chaîne, il représente sans doute le bien le plus emblématique, tant par sa visibilité que par sa portée symbolique. Après des années d’attente, la ville peut entrevoir un renouveau, porté par les perspectives de redynamisation que suscite cette reprise.

