Malgré une conjoncture peu favorable pour le groupe Kering, un accueil fastueux attend Luca de Meo, l’ancien patron de Renault, qui s’apprête à en prendre la tête. Le dirigeant italien, connu pour avoir redressé la marque au losange, est appelé à insuffler une nouvelle dynamique au sein du fleuron français du luxe. Sa nomination comme directeur général sera officiellement soumise à l’approbation du conseil d’administration le 9 septembre prochain. En guise de bienvenue, Kering lui accorde une prime exceptionnelle de 20 millions d’euros, un geste rare en France mais courant au Royaume-Uni.
Cette somme, désormais surnommée « golden hello », est justifiée par la perte de certains avantages financiers liés à son départ de Renault. Selon la documentation communiquée aux actionnaires, les trois quarts de cette prime seront versés en espèces, tandis que le reste prendra la forme d’actions Kering. Au-delà de cette indemnité initiale, la rémunération annuelle fixe de Luca de Meo atteindra 2,2 millions d’euros. Elle pourra être complétée par un variable annuel de 4,84 millions d’euros, pouvant grimper à 6,6 millions en cas de performances supérieures aux attentes.
En plus de ces montants, une rémunération variable de long terme, équivalente à 150 % de la rémunération annuelle totale, sera attribuée sous forme d’actions. Ce dispositif pourrait ainsi dépasser 13 millions d’euros si les objectifs stratégiques sont atteints. Pour l’année en cours, De Meo percevra près de 651 000 euros de salaire fixe, ainsi qu’une prime pré-définie de 1,21 million, liée à la réussite de son intégration et à l’état d’avancement du plan de relance du groupe.
Cette nomination s’inscrit dans un contexte particulier pour Kering. Le groupe, contrôlé à 42,3 % par la famille Pinault, fait face à une érosion de ses résultats, et cherche à retrouver sa superbe face à des concurrents comme LVMH. Pour accompagner cette nouvelle ère, les actionnaires devront également se prononcer sur un report des limites d’âge de ses dirigeants : celle de François-Henri Pinault pourrait passer de 65 à 80 ans, et celle du directeur général de 65 à 70 ans.
Pendant ce temps, Renault tourne la page en nommant François Provost, un pur produit maison, à la direction générale. Cet ingénieur français de 57 ans, entré dans le groupe en 2002, était jusqu’ici responsable des achats, des partenariats et des affaires publiques. Il hérite d’une entreprise en transformation, mais qui bénéficie de bases solides laissées par De Meo.
L’arrivée de Luca de Meo chez Kering incarne l’alliance du monde industriel et de l’univers du luxe, deux secteurs que tout oppose en apparence, mais qui se rejoignent dans leur exigence de performance, d’innovation et de vision à long terme.

