La 30ᵉ édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan (FCMT) ouvre ses portes du 25 octobre au 1ᵉʳ novembre, proposant un programme riche et varié de colloques, rencontres et ateliers destinés à célébrer la création cinématographique en Méditerranée. Organisé au Centre culturel de Tétouan (Dar Taqafa) et dans plusieurs lieux de la ville, le festival s’affirme comme un espace privilégié de réflexion, de transmission et d’émulation artistique.
Dès le 27 octobre, la programmation mettra à l’honneur les femmes cinéastes méditerranéennes avec la participation de la réalisatrice franco-marocaine Zakia Tahiri, de la journaliste et réalisatrice Hind Meddeb, ainsi que des scénaristes Laura Piani et Caterina Carone. Cette session ambitionne de dépasser la simple cartographie des carrières pour interroger les transformations institutionnelles et esthétiques qui traversent le cinéma méditerranéen. La même journée, le réalisateur franco-marocain Nabil Ayouch participera à une rencontre animée par le critique de cinéma Saïd Mezzouari, offrant au public une plongée dans sa trajectoire entre engagement social et rayonnement international.
Le festival explorera également le registre de la comédie à travers un débat intitulé « Comédie en Méditerranée : unité, diversité », réunissant Mohammed Bakrim, Oussama Abdel Fattah, Rosario Pardo et Saïd Mezzouari. Cette rencontre analysera le rire comme langage transversal, des formes populaires aux stratégies de diffusion, en passant par le rôle politique et social de l’humour. Le 28 octobre, l’acteur jordanien Eyad Nassar partagera son expérience entre théâtre arabe et cinéma égyptien, dans une conversation modérée par Abdelatif El Bazi.
Le programme de mercredi 29 octobre sera consacré à la géopoétique du cinéma méditerranéen, avec une conférence de Mohamed Noureddine Affaya suivie de la présentation de son ouvrage Les rives du regard. Jeudi 30 octobre, les festivaliers pourront assister aux signatures des ouvrages Le regard et le discours de Mohammed Bakrim et Un cinéma différent de Mohamed Chérif Tribak, ainsi qu’au lancement du numéro 17 de la revue cinématographique Wachma. L’édition se clôturera le 31 octobre avec une rencontre entre l’actrice espagnole Aida Folch et le public, animée par Mohamed Bouissef Rekab, écrivain et vice-président du festival.
Au-delà des projections et débats, le FCMT affirme sa vocation pédagogique et sociale. Des ateliers destinés aux étudiant(e)s de l’Institut national des beaux-arts de Tétouan et aux publics scolaires leur permettront de se familiariser avec l’analyse filmique, la photographie, la scénographie et le langage cinématographique. Les plus jeunes bénéficieront notamment d’initiations encadrées par Souad Oulad Taher et le réalisateur Mohamed Chrif Tribak. Dans le cadre de ses actions hors-les-murs, le festival organise également des projections et ateliers à la prison locale de Tétouan, avec la présentation des films Ali Zaoua et Mawata, suivie d’un atelier artistique animé par Farida Bouazzaoui.
Le FCMT, en combinant prestige artistique et engagement social, confirme son rôle central dans la promotion des cinémas méditerranéens et la formation des nouvelles générations de cinéastes et de spectateurs avertis. Cette édition marque un tournant en renforçant la composante éducative et en proposant un dialogue entre héritage culturel, innovation esthétique et enjeux contemporains du cinéma.


