À seulement 16 ans, la lycéenne turque Melek Öztürk s’impose déjà comme une figure prometteuse de l’innovation en intelligence artificielle appliquée à la santé. Derrière cette avancée technologique se cache une histoire personnelle marquée par une perte douloureuse : celle de sa mère, victime d’un cancer dont le diagnostic initial s’est révélé erroné.
Cette erreur médicale a profondément marqué l’adolescente. Sa mère avait d’abord été diagnostiquée à tort avec un cancer du pancréas avant que le diagnostic correct ne soit établi, révélant un cancer des glandes surrénales. Le temps perdu dans ce parcours médical complexe a eu des conséquences irréversibles. Face à cette réalité, Melek Öztürk a choisi de transformer son vécu en moteur d’action, plutôt que de s’y résigner.
C’est dans le cadre de son lycée, au sein du club de mathématiques « Matrix » à Izmir, qu’elle a entamé le développement d’un système d’intelligence artificielle baptisé ONCOMathRIX. Ce projet repose sur l’analyse topologique et différentielle d’images pathologiques, permettant d’identifier en quelques secondes des cellules atteintes de carcinome rénal. L’outil a été testé sur 537 ensembles de données en libre accès et affiche un taux de précision de 97 %, un résultat particulièrement notable pour un projet initié par une élève du secondaire.
Le potentiel de cette innovation n’est pas passé inaperçu. Un professeur de la faculté de médecine de l’université d’Ege, initialement sceptique face à ce qui semblait être un simple projet d’étudiante, a rapidement reconnu la portée scientifique de l’outil. Selon lui, le système développé comble un manque réel dans la littérature médicale actuelle, notamment dans le domaine du diagnostic assisté par intelligence artificielle.
Aujourd’hui, ONCOMathRIX poursuit son développement et a déjà franchi une étape importante en étant retenu lors de la première phase de TEKNOFEST, le plus grand concours technologique de Turquie. Le projet est également en cours de dépôt de brevet, ouvrant la voie à une possible intégration dans des environnements médicaux réels à l’avenir.
Au-delà des performances techniques, cette initiative illustre le rôle croissant de l’intelligence artificielle dans la détection précoce des cancers. L’objectif n’est pas de remplacer les médecins, mais de leur fournir des outils capables d’accélérer et de fiabiliser l’analyse des données, en particulier dans les situations où chaque minute compte.
À 16 ans, Melek Öztürk incarne ainsi une nouvelle génération de jeunes innovateurs qui associent savoir scientifique et engagement personnel. Son parcours rappelle que certaines des avancées les plus marquantes naissent parfois de trajectoires humaines profondément marquées, mais orientées vers une volonté de réparer et d’améliorer.

