À Davos, la grand-messe annuelle du pouvoir politique et économique mondial s’ouvre ce lundi 19 janvier sur une participation politique inédite. Pour sa 56e édition, le Forum économique mondial réunit près de 400 responsables politiques de haut rang, dont environ 65 chefs d’État et de gouvernement, selon les organisateurs. Un record qui confirme le poids diplomatique et stratégique de ce rendez-vous organisé dans la station alpine suisse, alors que les équilibres internationaux restent profondément fragilisés.
Autour des tables rondes et des rencontres bilatérales, plusieurs figures centrales de la scène mondiale sont annoncées. Le président américain Donald Trump, le chef de l’État français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen figurent parmi les participants les plus attendus. Les conflits en cours occupent également une place centrale à l’agenda, avec la présence du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy et du président israélien Isaac Herzog, appelés à intervenir sur les perspectives de sortie de crise et les équilibres régionaux.
La Belgique s’affiche cette année comme l’une des délégations les plus fournies. Le roi Philippe fait le déplacement, accompagné du Premier ministre Bart De Wever, des ministres fédéraux Maxime Prévot, en charge des Affaires étrangères, et David Clarinval, responsable de l’Économie, ainsi que du ministre-président flamand Matthias Diependaele. Pour la troisième année consécutive, une Belgium House a été installée à Davos, servant de plateforme de rencontres entre décideurs politiques et dirigeants d’entreprise. Les échanges y portent principalement sur la résilience économique, les nouvelles technologies et les relations commerciales internationales, dans un climat marqué par l’incertitude.
Placée sous le thème « A Spirit of Dialogue », cette édition du Forum économique mondial se déroule dans un contexte géopolitique tendu. L’avenir de l’Ukraine, la situation à Gaza, les dossiers iranien et groenlandais figurent parmi les sujets sensibles inscrits à l’agenda. Côté entreprises, l’intelligence artificielle, la transformation industrielle et l’évolution du commerce mondial structurent l’essentiel des discussions, alors que les chaînes de valeur restent sous pression.
En marge de ces débats officiels, le rendez-vous de Davos continue aussi de susciter des regards critiques. Certains observateurs, à l’image du chroniqueur Fabien, soulignent avec ironie les paradoxes d’un forum où l’élite mondiale discute de transition écologique après être arrivée en jets privés. Une critique récurrente, qui n’empêche pas Davos de demeurer un espace central de mise en réseau et d’influence, à la croisée des intérêts politiques, économiques et technologiques.
Le Forum économique mondial se poursuivra jusqu’au vendredi 23 janvier, avec l’ambition affichée de maintenir le dialogue ouvert dans un environnement international de plus en plus fragmenté.

