La tension s’accentue dans le secteur avicole au Maroc. L’association nationale des producteurs de viande de volaille alerte sur les perturbations persistantes dans l’approvisionnement des élevages en aliments composés, une situation qu’elle juge préoccupante pour l’avenir du secteur. Selon l’organisation professionnelle, ces retards menacent directement la survie des petits producteurs et pourraient entraîner une nouvelle hausse des prix du poulet pour les consommateurs, notamment à l’approche du mois de ramadan, période traditionnellement marquée par une forte consommation de viande blanche.
Dans un communiqué récent, l’association dit s’étonner des explications avancées par les producteurs d’aliments composés, qui attribuent le déficit à des conditions climatiques défavorables et à des difficultés rencontrées dans certains ports nationaux, dont Casablanca et Jorf Lasfar. Des justifications qui soulèvent de nombreuses interrogations, d’autant plus que ces mêmes opérateurs affirmaient auparavant disposer de stocks de sécurité couvrant plus de trois mois.
Cette situation intervient dans un contexte déjà tendu pour les producteurs de viande de volaille, en particulier les petits éleveurs, confrontés à une hausse continue des coûts de production. Malgré la baisse du prix du poussin, désormais inférieur à deux dirhams, la charge financière liée aux aliments reste lourde et pèse sur la rentabilité des exploitations.
Face à ce qu’elle considère comme un risque majeur pour la stabilité du marché, l’association nationale des producteurs de viande de volaille appelle les autorités compétentes à ouvrir une enquête sérieuse et transparente afin d’identifier les causes réelles de ce déficit et d’en établir les responsabilités. Elle met en garde contre un possible effondrement d’une partie du tissu productif et contre une menace directe pour la sécurité alimentaire nationale dans un secteur stratégique. L’association affirme enfin se réserver le droit d’engager toutes les formes de mobilisation légales pour défendre les producteurs et préserver l’équilibre du marché.

