Marrakech accueille cette semaine un important rendez-vous scientifique consacré aux avancées thérapeutiques dans le traitement des maladies endocriniennes, du diabète et de la nutrition. Du 16 au 19 octobre, plus de 350 spécialistes venus du Maroc, du Maghreb, d’Europe et d’Afrique subsaharienne prennent part à une double rencontre : le 20e Congrès maghrébin des maladies endocriniennes, du diabète et de la nutrition, et le 48e Congrès national de l’Association marocaine des maladies endocriniennes, de nutrition et du diabète.
Au cœur des discussions, les progrès de l’intelligence artificielle appliquée à la santé, un domaine en plein essor qui suscite autant d’espoir que de vigilance. Les experts s’accordent sur le rôle prometteur de ces technologies dans le suivi personnalisé des patients, la prévention des crises d’hypoglycémie ou la détection précoce des complications, tout en rappelant que l’IA demeure un outil d’assistance, et non un substitut à l’expertise médicale.
« L’intelligence artificielle représente une aide précieuse dans la gestion des pathologies chroniques, mais elle ne remplace pas le discernement du praticien », souligne le professeur Fouad Rkiouak, président de l’Association marocaine des maladies endocriniennes, de nutrition et du diabète. Il rappelle également l’intérêt croissant pour la thermo-ablation dans le traitement des nodules thyroïdiens, une approche moins invasive qui permet d’éviter les interventions chirurgicales lourdes et la dépendance à un traitement médicamenteux à vie.
Les débats portent également sur les causes structurelles de la progression du diabète dans la région. Les intervenants pointent du doigt la mutation des habitudes alimentaires, marquée par une surconsommation de sucres et de produits ultra-transformés, comme principal facteur de cette épidémie silencieuse. La prévention, le dépistage précoce et la sensibilisation du grand public apparaissent ainsi comme les leviers les plus efficaces pour endiguer la maladie et en réduire l’impact socio-économique.
Au-delà des enjeux médicaux, le congrès met l’accent sur la nécessité d’une réponse coordonnée à l’échelle maghrébine. Face à un défi qui dépasse les frontières, les participants appellent à la mise en place d’une stratégie régionale commune pour renforcer la coopération, l’innovation et le partage d’expertise dans le domaine de la santé publique.
Durant quatre jours, les sessions plénières et ateliers exploreront des thèmes variés, allant du diagnostic assisté par IA de la rétinopathie diabétique à la prise en charge de l’obésité, en passant par l’exploitation des données patient dans les traitements personnalisés. Un programme ambitieux, à la mesure de l’urgence sanitaire que représente aujourd’hui le diabète dans la région.


