Elon Musk, le fondateur de Tesla et SpaceX, est une nouvelle fois au centre d’une tempête médiatique, accusé de consommation régulière de substances illicites. Pour tenter de désamorcer la controverse, le milliardaire a publié sur X les résultats d’un test urinaire daté du 11 juin, censé prouver son abstinence. Pourtant, loin de calmer les esprits, cette initiative soulève davantage de doutes qu’elle n’apporte de réponses, tant les zones d’ombre autour de ses habitudes de consommation persistent.
Le test présenté par Musk affiche un résultat négatif pour plusieurs drogues couramment consommées, notamment la cocaïne, le cannabis, les amphétamines, la kétamine ou encore le fentanyl. Un bilan apparemment irréprochable. Mais cet écran de fumée peine à masquer le véritable enjeu. En effet, un test urinaire, même réalisé dans un laboratoire certifié, ne permet de détecter la présence de certaines substances que dans un laps de temps très court – souvent 48 à 72 heures pour des drogues comme la kétamine. Or, les accusations relayées par le New York Times concernent une période bien antérieure, remontant à plusieurs mois.
Le prestigieux quotidien américain affirme que Musk aurait, pendant la campagne présidentielle de 2024, consommé divers psychotropes, au point de développer une dépendance chronique à la kétamine. Il aurait même transporté avec lui une boîte remplie de comprimés, selon des sources proches du dossier. Plus inquiétant encore, son usage régulier aurait engendré des effets secondaires notables, notamment des troubles urinaires et des signes physiques visibles en public, comme des tics nerveux et des comportements erratiques.
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— Elon Musk (@elonmusk) June 17, 2025
La controverse s’intensifie depuis qu’un groupe d’élus démocrates a adressé une lettre officielle à Donald Trump, lui demandant s’il avait connaissance d’une quelconque consommation de drogues par Elon Musk lors de son mandat à la tête du DOGE, le Département de l’efficacité administrative, qu’il a quitté fin mai. La question sous-jacente : comment un homme suspecté d’usage récréatif de substances peut-il exercer des responsabilités de premier ordre au sein d’une administration présidentielle ?
Face à cette pression, Musk a tenté de reprendre la main en publiant ce test. Mais loin de convaincre, il laisse perplexe. Pourquoi avoir opté pour un test urinaire, alors que des méthodes plus fiables existent pour retracer la consommation sur une période prolongée, comme les tests capillaires, valables sur trois mois ? Et pourquoi ne pas avoir anticipé les critiques sur la validité et l’authenticité du document publié, non vérifiable indépendamment ?
Le New York Times n’a d’ailleurs pas tardé à réagir sous le post du milliardaire, en martelant que rien dans cette démarche ne remet en cause les éléments de son enquête. Pour le quotidien, il ne s’agit pas d’une vendetta, mais d’un travail journalistique fondé sur des témoignages et des faits. Quant à Musk, il persiste : oui, il a pris de la kétamine, mais dans un cadre médical, et il n’en aurait plus consommé depuis des années. Une déclaration qui ne suffit pas à effacer les interrogations croissantes sur sa santé, sa transparence et sa capacité à gérer des fonctions critiques dans la sphère publique comme privée.
Dans cette guerre d’image, le test urinaire ressemble plus à une tentative désespérée de reprendre le contrôle qu’à une véritable preuve d’innocence. Et une chose est sûre : le doute plane toujours.

