La Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM) déploie un programme d’investissement ambitieux dépassant 10,25 milliards de dirhams pour moderniser et fluidifier le trafic autoroutier à l’échelle nationale. Quatre chantiers structurants sont en cours, touchant les axes les plus congestionnés du Royaume, avec en ligne de mire la mobilité durable, la réduction du temps de trajet et la préparation aux grands événements internationaux, comme la Coupe du Monde 2030.
En tête de ces projets, l’autoroute Tit Mellil – Berrechid, longue de 30 kilomètres, s’érige en épine dorsale du nouveau maillage autoroutier. Pensée directement en 2×3 voies, elle reliera plusieurs axes majeurs du pays : Casablanca-Marrakech, Berrechid-Beni Mellal et la rocade de Casablanca. Dotée d’un budget de 2,5 milliards de dirhams, elle intègre deux échangeurs majeurs desservant l’aéroport Mohammed V, Médiouna et Deroua, et mobilise plus de 700 000 tonnes d’enrobés, 92 000 m³ de béton et 24 ouvrages pour assurer la connectivité locale. La livraison est prévue pour fin 2025, avec une progression des travaux déjà estimée à 65 %.
Parallèlement, ADM s’attaque à deux points noirs du trafic casablancais. D’une part, le réaménagement du nœud d’Ain Harrouda, à l’entrée nord de Casablanca, qui voit transiter plus de 120 000 véhicules chaque jour. Ce carrefour est en pleine transformation avec la construction de 12 ouvrages d’art, un nouveau carrefour surélevé et des voies pouvant atteindre jusqu’à huit bandes par sens. Le chantier, estimé à 750 millions de dirhams, est déjà achevé à 40 % malgré sa réalisation en pleine circulation.
D’autre part, au sud de la métropole, ADM reconfigure complètement le nœud de Sidi Maarouf, jonction stratégique entre plusieurs grands axes. Le projet prévoit un échangeur inédit au Maroc, à trois niveaux, combinant les formes en trèfle et en turbine. Il comprendra huit ouvrages d’art et des bretelles supplémentaires pour fluidifier les flux. Le budget de cette opération s’élève à 500 millions de dirhams, pour une durée de chantier de 22 mois.
Enfin, pour désengorger définitivement l’axe le plus fréquenté du pays entre Rabat et Casablanca, ADM annonce une nouvelle autoroute “continentale” de 59 kilomètres. Pensée en complément du tracé actuel, cette infrastructure vise à améliorer l’accès au futur Grand Stade de Casablanca et à accompagner l’essor du corridor nord-sud. Doté d’un financement de 6,5 milliards de dirhams, le projet sera livré en 2028. ADM insiste sur la mobilisation de compétences locales, avec 75 % des marchés attribués à des entreprises marocaines.
Ce vaste plan de transformation s’inscrit dans une vision à long terme, articulée autour de la performance logistique, de la sécurité routière et de l’intégration territoriale, tout en valorisant l’expertise nationale dans le secteur des infrastructures.


