Casablanca, mégapole frénétique et artère palpitante du Maroc, vit une mue profonde, à l’image d’un corps en pleine rééducation. La circulation, longtemps asphyxiée par des flux toujours croissants, s’apprête à retrouver souffle et fluidité grâce à une série de chantiers structurants portés par la Société des Autoroutes du Maroc (ADM). À l’horizon, une ambition claire : décongestionner les principaux nœuds du réseau pour mieux accueillir les grands rendez-vous internationaux, à commencer par la Coupe du monde 2030.
Quatre projets, près de 10 milliards de dirhams d’investissements, une stratégie à long terme. Le Royaume s’offre un nouveau visage autoroutier, plus adapté, plus agile, plus ambitieux.
Au cœur de cette transformation, une infrastructure fait figure de locomotive : la nouvelle autoroute Tit Mellil–Berrechid. Imaginée comme un trait d’union entre le nord, l’est et le sud du pays, cette voie de 30 kilomètres permettra une liaison directe entre les grands axes Casablanca-Marrakech et Berrechid-Béni Mellal. Prévue pour entrer en service avant la fin 2025, elle incarne une première nationale : celle d’un tracé conçu dès l’origine en 2×3 voies, symbole d’une vision tournée vers l’avenir. Viaducs, échangeurs stratégiques, connectivité renforcée… chaque élément de cette infrastructure a été pensé pour apaiser la circulation et accélérer les trajets.
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Mais ADM ne s’arrête pas là. Dans l’ombre du ballet quotidien de 140 000 véhicules, le nœud de Sidi Maarouf, connu pour ses embouteillages chroniques, entame lui aussi sa métamorphose. Un échangeur à trois niveaux, tel un organe reconfiguré, viendra orchestrer les flux dans une chorégraphie nouvelle. Non loin de là, Aïn Harrouda bénéficiera également d’un réaménagement majeur, avec jusqu’à huit voies par sens pour accueillir un trafic toujours plus dense.
Et plus loin encore, se dessine déjà l’épine dorsale de demain : l’autoroute continentale Rabat–Casablanca. Longue de 59 kilomètres et portée par un budget de 6,5 milliards de dirhams, elle se veut la réponse au vieillissement de l’axe historique, tout en assurant un accès fluide au futur Grand Stade Hassan II de Benslimane. Livraison attendue en 2028.
Plus que des routes, des choix de souveraineté
Ces grands chantiers ne sont pas que des prouesses d’ingénierie : ils traduisent aussi une volonté politique forte de souveraineté industrielle. ADM confie 75% des travaux à des entreprises marocaines, valorisant ainsi un savoir-faire national en pleine maturité.
Ainsi, au fil des kilomètres de béton et d’acier, le Maroc ne construit pas seulement des routes. Il redessine sa carte, réinvente ses mobilités et s’érige en exemple régional de planification visionnaire. Casablanca, longtemps victime de son propre dynamisme, pourrait bien devenir le symbole d’une mobilité réconciliée avec son temps.

