À New York, le mardi 23 septembre, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) a pris part au lancement du programme « Africa Saving for Growth », une initiative portée par l’Africa Business Initiative (GABI) en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette alliance stratégique réunit caisses de sécurité sociale, fonds de pension et institutions de financement à long terme pour canaliser l’épargne africaine vers des projets structurants, capables de soutenir une croissance durable sur le continent.
Autour de la table figuraient une quinzaine de pays représentés par leurs principales institutions financières, dont l’Africa Finance Corporation (AFC) et l’Africa Social Security Association (ASSA). L’objectif est clair : transformer l’épargne institutionnelle africaine, estimée à 1.170 milliards de dollars, en moteur de financement pour des infrastructures et des projets privés à fort impact économique et social.
La rencontre a été ponctuée par la signature d’un mémorandum d’entente entre la CDG et l’AFC. L’accord prévoit le renforcement des capacités des institutions africaines, la promotion de l’inclusion financière, la mise en place de recherches ciblées et l’alignement des stratégies d’investissement sur les priorités économiques du continent.
Pour Khalid Safir, Directeur Général de la CDG, cette initiative dépasse la simple mobilisation de capitaux : « Les investisseurs africains ont la responsabilité de transformer l’épargne domestique en leviers de croissance. Cela passe par une coordination étroite et un partage d’expertise à l’échelle continentale ». En s’engageant activement, le Maroc ne se contente pas de participer, il devient un acteur central dans la structuration d’une finance africaine intégrée.
Le programme repose sur quatre piliers majeurs : une base de données ouverte sur l’épargne institutionnelle africaine, une feuille de route pour les réformes politiques, un guide de mobilisation de l’épargne et des modèles de diversification des allocations. Ensemble, ces outils offrent un cadre sécurisé et transparent pour investir dans des projets à long terme, en particulier dans les secteurs des énergies renouvelables, de la logistique et des infrastructures critiques.
Selon Samaila Zubairu, président-directeur général de l’AFC, « c’est une initiative où les Africains mettent leur propre capital au service de la croissance africaine ». Cette approche endogène permet de renforcer la souveraineté financière du continent tout en optimisant l’impact économique et social de l’épargne domestique.
Le Maroc, via le Groupe CDG, se distingue comme un modèle opérationnel pour la gestion de capitaux à long terme. En jouant un rôle de co-architecte aux côtés de l’AFC et de l’ASSA, il participe à la construction d’infrastructures durables et à la création d’un écosystème financier résilient. Cette position stratégique consolide le rôle de Rabat en tant que hub financier africain et ouvre de nouvelles perspectives pour les entreprises marocaines dans le BTP, l’énergie et les télécommunications.
L’initiative offre également une opportunité de transformation pour les institutions africaines de sécurité sociale, qui pourront investir dans des projets à fort impact sans compromettre leurs obligations fiduciaires. Le secteur privé, de son côté, bénéficie d’un accès élargi à des financements stables, favorisant l’innovation, la création d’emplois et la croissance économique régionale.
En structurant le marché africain de manière transparente et en réduisant les risques perçus, le programme « Africa Saving for Growth » attire également les investisseurs internationaux, créant un cercle vertueux où l’épargne africaine finance prioritairement le développement du continent. Cette démarche contribue à transformer l’Afrique en moteur mondial de croissance, tout en démontrant que ses institutions peuvent bâtir des marchés de long terme solides et autonomes.
Le Maroc, grâce à la CDG, incarne désormais un laboratoire de souveraineté financière africaine, capable de concilier rendement et impact, et de positionner le continent sur la voie d’une finance endogène et durable.

