Une nouvelle vague de tensions anti-immigrés secoue l’Afrique du Sud, poussant des centaines de ressortissants étrangers à abandonner leurs foyers pour trouver refuge dans des centres communautaires situés sur la côte sud du pays. Originaires principalement du Mozambique et du Malawi, ces migrants affirment avoir été la cible d’opérations d’intimidation menées par des groupes d’habitants exigeant leur départ immédiat.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des individus auraient parcouru les quartiers populaires afin d’identifier et d’expulser les personnes non sud-africaines, indépendamment de leur situation administrative. Craignant pour leur sécurité, de nombreuses familles ont quitté précipitamment leur domicile et passé plusieurs nuits dans des zones isolées avant d’être accueillies dans des structures d’urgence.
Ces incidents s’inscrivent dans un climat de contestation qui s’est développé ces dernières semaines autour de la présence des migrants, accusés par certains mouvements locaux d’être responsables de la hausse du chômage et de l’insécurité. Dans plusieurs localités, ces mobilisations ont dégénéré en violences. À Mossel Bay notamment, plus d’une cinquantaine de logements ont été détruits par le feu.
Les autorités mozambicaines font état de cinq décès liés à ces attaques, tandis que la police sud-africaine a confirmé la mort de deux ressortissants mozambicains sans établir officiellement de lien direct avec les manifestations. Face à cette situation, plusieurs pays africains ont lancé des opérations de rapatriement. Environ 300 Mozambicains ont déjà regagné leur pays, tandis que le Ghana et le Nigeria ont annoncé des mesures similaires pour leurs ressortissants.
Les organisations locales rapportent également des cas de passages à tabac, de pillages et de destruction de documents d’identité. Dans plusieurs centres d’accueil improvisés, les déplacés vivent dans des conditions précaires, dépendant de l’aide humanitaire et de la solidarité des habitants.
Cette nouvelle flambée de xénophobie ravive un phénomène récurrent en Afrique du Sud, où les frustrations économiques et sociales continuent d’alimenter périodiquement des violences dirigées contre les communautés étrangères installées dans le pays.

