Un changement de cap notable s’opère en Afrique du Sud concernant le dossier du Sahara. Le parti uMkhonto we Sizwe (MK), troisième force politique du pays et né d’une dissidence de l’ANC en 2023, a officiellement exprimé son appui au plan marocain d’autonomie pour le Sahara. Cette position marque une rupture significative avec la ligne politique défendue depuis des années par Pretoria.
Dans un document de 17 pages publié le 9 juin, le MK souligne que l’initiative marocaine représente, selon lui, la solution la plus réaliste pour parvenir à une stabilité durable dans la région. Le texte affirme que cette autonomie permettrait aux populations locales d’exercer une gouvernance effective tout en préservant la souveraineté marocaine sur le territoire.
Le document revient sur le contexte historique, affirmant que le Sahara occidental faisait historiquement partie du Maroc avant l’arrivée des colons espagnols à la fin du XIXe siècle. Après le départ de l’Espagne en 1975, le Maroc a, selon cette analyse, légitimement réintégré ce territoire dans le respect de son intégrité territoriale. La Marche verte est ainsi décrite comme un processus de décolonisation légitime.
Au-delà de la question du Sahara, le MK appelle à renforcer les relations bilatérales entre Rabat et Pretoria. Le document propose une coopération approfondie autour de cinq axes : diplomatie, économie, sécurité, échanges culturels et projets académiques. Les secteurs stratégiques comme l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et l’éducation sont identifiés comme prioritaires.
Le texte rappelle également les liens historiques entre les deux pays, soulignant le soutien militaire du Maroc à l’ANC dès les années 1960, ainsi que la rencontre entre le roi Mohammed VI et l’ancien président Jacob Zuma en 2017, considérée comme un moment fondateur de ce rapprochement.
Pour l’heure, l’ANC, actuellement au pouvoir, n’a pas officiellement réagi à cette nouvelle prise de position du MK. Toutefois, cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs pays africains anglophones, tels que le Ghana et le Kenya, ont eux aussi exprimé leur soutien au plan d’autonomie marocain. Ce mouvement diplomatique s’inscrit dans une dynamique internationale plus large, marquée notamment par l’appui récent du Royaume-Uni à l’initiative marocaine.
.

