L’Afrique s’affirme comme un acteur majeur de la transition énergétique mondiale, après avoir enregistré en 2025 un record historique d’installations solaires photovoltaïques. Selon le Global Solar Council, le continent a ajouté 4,5 gigawatts (GW) de capacité solaire, soit une hausse de 54 % par rapport à l’année précédente. Huit pays africains ont dépassé la barre des 100 mégawatts (MW) installés, doublant ainsi le nombre de nations atteignant ce seuil en 2024, et reflétant l’essor rapide du solaire à travers le continent. Les importations de systèmes de stockage par batteries ont également fortement progressé, permettant de prolonger l’accès à l’électricité solaire après le coucher du soleil pour les ménages, les entreprises et les services publics.
L’Afrique du Sud conserve la première place sur le continent avec une capacité solaire totale proche de 10 GW, après avoir ajouté 1,6 GW en 2025. Le pays prévoit d’installer 10 GW supplémentaires de solaire photovoltaïque et 8,5 GW de stockage par batteries d’ici 2030, en plus de 5 GW de solaire distribué. Cependant, le développement reste freiné par des goulets d’étranglement sur le réseau et un investissement insuffisant dans les infrastructures de distribution, malgré l’élan politique et financier.
Dans le Nord du continent, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie enregistrent les croissances les plus rapides hors Afrique du Sud, avec un ajout collectif de 1,1 GW en 2025. L’Égypte se distingue avec 5,5 GW en construction et 13 GW en phase de pré-construction, tandis que d’autres pays comme la Tunisie, la Libye et la Mauritanie lancent d’importants programmes solaires. Ces initiatives créent des opportunités pour former des compétences locales en énergie renouvelable et soutenir la maintenance des infrastructures sur le long terme.
Le Nigeria a également marqué un jalon avec 803 MW installés, tandis que le Zimbabwe, la Zambie, le Ghana et la Côte d’Ivoire développent actuellement des projets solaires de grande ampleur. Plusieurs pays africains adoptent des politiques favorables à l’énergie renouvelable : le Nigeria a mis en place des lois de « net-metering » pour les installations solaires domestiques et commerciales, le Kenya impose de nouveaux codes du bâtiment incluant l’espace pour le solaire et exonère les systèmes de montage en aluminium de droits d’importation, et l’Éthiopie investit dans la modernisation de son réseau pour faciliter l’intégration des énergies renouvelables.
La demande africaine croissante intervient alors que plusieurs marchés traditionnels, notamment en Europe, atteignent un plateau après des années d’expansion rapide. Les fournisseurs chinois de panneaux solaires et de systèmes de batteries profitent de cette dynamique : en 2025, les importations africaines de modules solaires ont atteint 2 milliards de dollars, et celles de systèmes de stockage 2,6 milliards, en hausse respective de 36 % et 38 % par rapport à 2024. La baisse continue des prix, combinée à des incitations fiscales locales, devrait accélérer l’adoption de l’énergie solaire dans les années à venir.
Avec ces tendances, l’Afrique est sur le point de devenir un moteur central de la transition énergétique mondiale d’ici 2030, capable non seulement de répondre à ses besoins internes mais aussi d’attirer investissements et expertise internationale dans le solaire et le stockage par batteries.

