À quelques encablures de la kasbah d’Agadir Oufella, un marché autrefois apprécié pour ses grillades de poissons s’attire désormais la colère croissante des clients. Locaux comme touristes dénoncent une flambée des prix aussi soudaine qu’exorbitante, transformant cette escale culinaire en véritable zone de turbulences commerciales.
Loin de l’ambiance conviviale qui a longtemps fait le charme de ce souk populaire, le lieu est désormais le théâtre régulier d’altercations entre consommateurs indignés et vendeurs intransigeants. En cause : des additions gonflées au-delà du raisonnable, qui peuvent culminer jusqu’à 1 000 dirhams pour des portions modestes, le tout dans une ambiance de marchandage imposé. Plusieurs visiteurs affirment avoir été pris au piège de tarifs non annoncés, dévoilés en fin de repas, parfois sous une pression collective difficile à ignorer.
Cette situation alarmante, dénoncée par plusieurs médias dont Al Akhbar, met en lumière un laisser-aller inquiétant. En l’absence de contrôles effectifs des services municipaux ou d’un encadrement rigoureux des pratiques commerciales, certains restaurateurs semblent avoir carte blanche pour pratiquer des prix arbitraires. Une dérive d’autant plus flagrante que les frais d’exploitation du lieu, eux, restent dérisoires : 800 dirhams de loyer mensuel, et à peine 50 dirhams par mètre carré pour l’occupation du domaine public.
L’indignation ne faiblit pas. Nombre d’internautes et de consommateurs appellent les autorités à réagir face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à l’expérience touristique et à la réputation d’Agadir. Car si les plats traditionnels de poissons ont longtemps été un attrait phare de la ville, la dérive actuelle menace de transformer ce symbole d’hospitalité en repoussoir touristique.
À l’heure où Agadir cherche à consolider sa place parmi les grandes destinations balnéaires du Royaume, cette polémique donne un goût amer à la saison estivale. Faute d’une intervention rapide, c’est la confiance des visiteurs – et l’image d’un tourisme de qualité – qui pourrait définitivement se détériorer.

