À Benguérir, lors de la Journée internationale des femmes rurales tenue le 13 octobre à l’Université Mohammed VI Polytechnique, Al Moutmir d’OCP a mis en lumière l’impact concret de son programme ElleMoutmir : plus de 1 600 femmes rurales accompagnées et des actions ciblées pour renforcer leurs compétences, leur accès aux marchés et leur autonomie économique. L’événement, centré sur les coopératives féminines et le rôle collectif dans une agriculture durable, a souligné que l’appropriation technique et l’accès au marché sont désormais des leviers opérationnels pour transformer la ruralité marocaine.
Le dispositif lancé en 2018 combine appui scientifique et présence de terrain. Aujourd’hui, Al Moutmir déclare avoir accompagné plus de 40 000 agriculteurs et agricultrices en présentiel et près de 540 000 bénéficiaires via ses outils numériques. Dans ce cadre, ElleMoutmir vise quatre profils : agricultrices, revendeuses d’intrants, coopératives féminines et jeunes leaders rurales, avec un accompagnement adapté allant du diagnostic des sols aux méthodes de commercialisation.
Les résultats chiffrés témoignent d’un ancrage concret : 1 000 tests de sol réalisés pour améliorer la fertilité, plus de 400 coopératives mises en relation avec des débouchés grâce à la marketplace T@swiq, 26 revendeuses accompagnées pour renforcer leur visibilité, et 200 jeunes leaders formées et intégrées à des réseaux partenariaux. Sur le terrain, les équipes de vulgarisation, présentes au quotidien dans les terroirs, coordonnent formations pratiques, écoles aux champs et parcelles de démonstration pour garantir l’adoption des pratiques proposées.
La stratégie repose sur cinq priorités opérationnelles : analyse des sols, formation sur mesure, mobilisation des leaders locaux, innovation technique et digitalisation. Ce dernier point prend la forme d’une suite d’outils destinés à réduire la fracture numérique : @tmar (conseil agricole personnalisé), Minassat Attakwin 3an Bou3d (plateforme d’e-learning), Agripedia (ressources pratiques multimédias) et T@swiq (place de marché). Ces solutions permettent notamment aux femmes en zones isolées de suivre des modules, d’accéder à des recommandations agronomiques et d’explorer des débouchés commerciaux.
Au-delà des chiffres, l’effet de contagion sociale est visible dans les communautés de pratique lancées en 2024. Ces espaces d’échange réunissent agricultrices, coopératives, chercheurs et partenaires — favorisant des initiatives locales reproductibles. L’exemple d’Ihassan Hamoudan, présidente de la coopérative Biosalim, illustre bien ce mécanisme : après avoir expérimenté la culture du sorgho, elle a partagé semences et savoir-faire avec d’autres femmes, déclenchant une adoption interrégionale de la filière.
Les retombées attendues dépassent l’économie immédiate : en renforçant les capacités techniques et commerciales des femmes rurales, ElleMoutmir contribue à sécuriser les revenus, à diversifier les cultures et à renforcer la résilience face aux aléas climatiques. Pour OCP, le pari est simple mais exigeant : mettre la science et le digital au service d’un développement local qui s’inscrit dans la durée.
L’initiative montre que la modernisation agricole au Maroc peut s’appuyer sur des trajectoires collectives, portées par des femmes formées, connectées et engagées. Le défi suivant pour Al Moutmir sera d’amplifier ces dynamiques territoriales afin qu’elles deviennent des modèles reproductibles au-delà des régions déjà couvertes.

