Le gouvernement veut reprendre le contrôle des marchés de vente des moutons à l’approche de l’Aïd Al-Adha 2026. Dans un communiqué publié ce lundi 18 mai, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a annoncé une série de mesures exceptionnelles destinées à encadrer la commercialisation des sacrifices de l’Aïd et à lutter contre les pratiques jugées responsables de la hausse des prix.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par les inquiétudes des consommateurs face à l’augmentation des tarifs des ovins, alors que le pouvoir d’achat reste sous pression. L’Exécutif affirme vouloir garantir un fonctionnement « transparent et normal » des marchés tout en préservant les principes de concurrence libre et loyale.
Le dispositif repose notamment sur les dispositions de la loi organique relative aux collectivités territoriales ainsi que sur la législation encadrant la liberté des prix et la concurrence. Le gouvernement précise également avoir consulté le Conseil de la concurrence avant l’adoption de ces mesures temporaires.
Parmi les principales décisions annoncées figure la limitation de la vente des moutons aux seuls marchés autorisés et légalement encadrés. Les ventes directes, notamment au sein des exploitations agricoles, resteront toutefois permises dans le respect des règles en vigueur.
Les vendeurs devront désormais déclarer à l’avance leur identité auprès des autorités locales, ainsi que le nombre de têtes mises en vente et leur provenance avant d’accéder aux marchés. Le gouvernement entend aussi interdire l’achat de moutons dans le seul objectif de les revendre, une pratique accusée d’alimenter la spéculation.
Le communiqué évoque également l’interdiction des manœuvres susceptibles d’influencer artificiellement les prix, qu’il s’agisse de fausses enchères, d’accords implicites entre vendeurs ou de toute autre pratique visant à provoquer une hausse des tarifs. Le stockage des moutons en dehors des circuits commerciaux habituels afin de créer une pénurie artificielle sera lui aussi prohibé.
L’Exécutif prévient que des sanctions sévères seront appliquées contre les contrevenants. Des peines d’emprisonnement, des amendes financières, la fermeture temporaire de points de vente ainsi que la saisie des animaux et du matériel utilisés dans les infractions figurent parmi les mesures prévues par les autorités compétentes.
Le gouvernement appelle enfin les professionnels et les différents acteurs de la filière à faire preuve de responsabilité afin d’assurer un approvisionnement normal des marchés et de préserver la transparence des transactions à l’approche de l’Aïd Al-Adha 2026.

