Quelque 580.000 éleveurs ont déjà reçu une part de l’aide directe aux éleveurs, soit près de 2,42 MMDH, un volume qui illustre l’ampleur de l’effort engagé pour préserver le cheptel national. Ce premier bilan a été présenté par Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, lors du point de presse tenu après le Conseil du gouvernement. À ce stade, un peu moins de la moitié des bénéficiaires recensés ont été servis, mais l’opération se poursuit sans interruption pour atteindre l’ensemble du public cible.
Le dispositif avance selon un calendrier serré. Les versements liés à l’acquisition du fourrage ont été lancés dès le début du mois de novembre. Parallèlement, la première tranche dédiée à la préservation des femelles ovines et caprines destinées à la reproduction a déjà été transférée. Le gouvernement veut maintenir une cadence soutenue pour éviter un nouveau cycle de fragilisation du bétail, après plusieurs années marquées par la sécheresse, la hausse des coûts alimentaires et les difficultés économiques répétées dans les zones rurales.
Mustapha Baitas insiste sur le caractère inédit de cette opération. Jamais un programme d’aide directe aux agriculteurs n’avait été déployé avec un tel volume financier et un objectif aussi ciblé : reconstituer un cheptel qui a souffert de facteurs cumulés. Ce choix rompt avec les anciens dispositifs de soutien, souvent complexes, indirects ou filtrés par des intermédiaires. Sur instructions du Roi Mohammed VI, le gouvernement a adopté un mécanisme plus simple, plus lisible et surtout plus rapide, doté d’une enveloppe globale de 12,8 milliards de dirhams répartie en deux phases.
La première tranche, d’un montant de 6 MMDH, s’articule autour de plusieurs axes. Le soutien financier direct pour l’achat du fourrage reste la composante la plus attendue, car elle répond à l’urgence quotidienne des éleveurs confrontés à des coûts d’alimentation parfois hors de portée. Le second volet vise à protéger et renforcer la population de femelles ovines et caprines, indispensable à la relance de la reproduction. À cela s’ajoutent un partenariat avec le Crédit Agricole pour alléger les dettes jugées trop lourdes pour certains exploitants, ainsi que des campagnes de vaccination et des actions d’appui technique menées sur le terrain.
Cette combinaison de mesures crée un effet de levier qui dépasse le simple transfert financier. Elle redonne une marge de respiration aux petits éleveurs, souvent premiers touchés, et contribue à stabiliser un secteur qui joue un rôle crucial dans l’équilibre économique et social des régions rurales. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’impact réel de ces aides, mais la dynamique enclenchée montre déjà un changement d’échelle dans la manière dont l’État soutient le monde rural.

