La ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Fatima-Ezzahra El Mansouri, a annoncé jeudi que près de 30 tentes et un millier d’abris provisoires restent encore occupés par des familles touchées par le séisme d’Al Haouz. Elle affirme toutefois que les chantiers de reconstruction suivent un cap clair, fondé sur la sécurité, et réfute toute accusation de lenteur.
S’exprimant devant les conseillers lors de la présentation du budget de son département, El Mansouri a choisi de répondre frontalement aux critiques qui s’accumulent depuis plusieurs semaines. Selon elle, le débat autour de la gestion post-séisme glisse parfois vers une exploitation politique qu’elle qualifie d’« intenable », rappelant que la catastrophe n’a « jamais constitué un sujet partisan ».
La ministre précise que les derniers abris temporaires sont situés dans des zones escarpées, classées inconstructibles. « L’État n’engagera aucun programme susceptible de mettre des vies en danger », insiste-t-elle, soulignant que chaque décision tient compte de la topographie et du risque sismique.
Face aux comparaisons souvent faites avec la rapidité de construction d’infrastructures sportives, El Mansouri rejette tout parallèle. La reconstruction en zone sinistrée, dit-elle, répond à un processus beaucoup plus complexe et exigeant, où les impératifs de sécurité doivent primer sur toute logique de vitesse.
La ministre défend également le modèle retenu : les habitants reconstruisent leurs maisons, et l’État les accompagne financièrement, techniquement et administrativement. Elle met en avant la mobilisation d’architectes, de plateformes numériques dédiées et des équipes locales qui se sont rendues sur les sites pour sécuriser les procédures.
À ce stade, près de 53.000 familles ont déjà pu retrouver un logement. Pour les autres, les situations varient : certaines doivent quitter des zones trop dangereuses, d’autres refusent de se déplacer malgré les risques. « Nous ne rebâtirons pas dans des lieux où la stabilité ne peut être garantie », insiste El Mansouri, assumant que certaines opérations puissent prendre plus de temps.
Elle souligne par ailleurs plusieurs obstacles structurels : l’augmentation du coût des matériaux, la difficulté d’accès à de nombreux douars enclavés, ou encore la rareté de la main-d’œuvre, accentuée par le retour massif vers l’agriculture. L’État a même dû organiser le transport de matériaux afin de limiter les charges financières supportées par les foyers sinistrés.
Pour la ministre, la reconstruction d’Al Haouz doit aussi préserver l’âme architecturale d’une région touristique essentielle. La question est autant urbanistique qu’économique, prévient-elle, puisqu’un renouveau mal conduit pourrait affaiblir l’attractivité durable du territoire.
El Mansouri rappelle que plusieurs pays frappés par des séismes continuent encore, des années plus tard, à reloger leurs citoyens. Au Maroc, explique-t-elle, le choix a été fait d’accompagner les habitants dans la reconstruction de leurs propres maisons. Le gouvernement, assure-t-elle, restera mobilisé « jusqu’à ce que chaque famille puisse tourner la page ».

