La scène Bouregreg a vibré vendredi soir sous l’effet d’une performance magistrale de Salif Keïta, venu célébrer la 20ᵉ édition du Festival Mawazine – Rythmes du Monde. Devant un public nombreux et captivé, l’artiste malien a offert une prestation d’une intensité rare, alliant puissance vocale, richesse musicale et transmission sincère. Véritable moment fort du festival, ce concert a marqué les esprits par sa dimension humaine et artistique, confirmant une fois de plus le statut iconique du chanteur au sein de la scène africaine et internationale.
Dès les premières minutes, Salif Keïta a imposé sa présence avec une aisance forgée par plus de cinq décennies de carrière. Sa voix, grave et profonde, a envahi l’espace avec une justesse remarquable, soutenue par des arrangements subtils mêlant rythmes traditionnels mandingues, influences afro-pop et sonorités actuelles. Ce métissage musical, reflet d’un long parcours artistique, a trouvé à Bouregreg un terrain d’expression idéal, propice au dialogue entre héritage et modernité.
Le public, dense et attentif, a accompagné l’artiste tout au long du concert, reprenant en chœur les refrains de morceaux devenus emblématiques comme « Tonton » ou « Nous pas bouger ». L’interprétation, toujours habitée, a donné lieu à des moments de partage intenses, où la barrière entre la scène et l’auditoire semblait s’effacer. Porté par une présence scénique intacte, Salif Keïta a su instaurer une atmosphère chaleureuse, presque intime, où chaque geste, chaque silence, participait à une narration profonde.

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Loin d’un simple enchaînement de titres, le concert s’est imposé comme une traversée musicale et mémorielle. L’artiste y a livré une synthèse vivante de son œuvre, façonnée au fil des années par l’exigence artistique et l’ouverture au monde. Ses vingt albums, ses multiples collaborations et ses cinq nominations aux Grammy Awards témoignent d’un engagement constant pour une musique sans frontières, enracinée dans son continent mais ouverte aux esthétiques globales.
Cette prestation s’inscrit dans la ligne artistique du Festival Mawazine, organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et reconnu pour sa capacité à réunir sur ses scènes les voix les plus marquantes de la planète. En invitant Salif Keïta à Bouregreg, le festival réaffirme sa vocation de pont entre les cultures, et rend hommage à une figure majeure de la création musicale africaine contemporaine.

