À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation 2025, célébrée le 8 septembre, l’UNESCO appelle à renforcer l’accès aux compétences fondamentales de lecture, d’écriture et de calcul dans un monde de plus en plus façonné par le numérique. L’organisation met en garde contre les fractures persistantes qui limitent la participation de millions de personnes aux opportunités offertes par la transformation digitale.
Aujourd’hui, près de 68 % de la population mondiale utilise Internet, et quatre personnes sur cinq âgées de 10 ans ou plus possèdent un téléphone portable. Cette généralisation des outils numériques modifie profondément la manière d’apprendre, de travailler et de communiquer. Mais elle soulève aussi une question cruciale : disposons-nous des compétences de base nécessaires pour naviguer dans cet environnement en mutation rapide ?
Si les progrès sont indéniables — 93 % des jeunes savent désormais lire et écrire, contre à peine trois sur quatre il y a cinquante ans — les disparités demeurent fortes. Environ 739 millions d’adultes et de jeunes manquent encore de compétences élémentaires en alphabétisation. Les inégalités touchent particulièrement les femmes et les personnes vivant dans la pauvreté, en situation de handicap ou marginalisées par leurs contextes sociaux et économiques.
La pandémie de COVID-19 a révélé à quel point l’accès inégal au numérique accentue les écarts éducatifs. Moins de la moitié des écoles primaires dans le monde disposent d’une connexion Internet à usage pédagogique, et dans les pays à faible revenu, seuls 27 % de la population accèdent au web, contre 93 % dans les pays à revenu élevé. Ces écarts traduisent une fracture numérique qui, loin d’être uniquement technologique, renforce les inégalités sociales et éducatives.
Au-delà de l’accès, c’est aussi la qualité des compétences qui est en jeu. Dans plusieurs pays de l’OCDE, 18 % des adultes ne maîtrisent pas les compétences de lecture et de calcul les plus élémentaires, et seuls 9 % des adolescents de 15 ans savent distinguer un fait d’une opinion dans un texte numérique. Ce déficit fragilise la capacité des citoyens à faire face aux enjeux actuels : lutte contre la désinformation, adaptation au marché du travail, participation démocratique.
L’UNESCO rappelle que l’alphabétisation ne se réduit pas à savoir lire et écrire, mais inclut désormais la capacité à interpréter, vérifier et communiquer dans des environnements numériques. Il s’agit d’un levier essentiel pour bâtir des sociétés inclusives et durables, capables de tirer parti des innovations tout en restant vigilantes face aux risques : biais algorithmiques, protection des données, effets sur la santé mentale ou dépendance excessive aux écrans.
Face à ces défis, plusieurs pistes sont mises en avant : renforcer la formation des enseignants, promouvoir l’utilisation de langues locales dans les ressources numériques, développer des politiques éducatives inclusives et investir dans des infrastructures accessibles à tous. L’UNESCO insiste sur la nécessité de co-construire des écosystèmes d’apprentissage tout au long de la vie, mobilisant gouvernements, société civile, secteur privé et communautés locales.
La Journée internationale de l’alphabétisation 2025 sera marquée par une conférence internationale au siège de l’UNESCO à Paris, et par des événements organisés à travers le monde. Cette édition veut rappeler que l’alphabétisation, en tant que droit fondamental et bien commun, reste le socle indispensable pour une transition numérique équitable et une société plus juste.


