La rentrée scolaire 2025 est déjà là, et pour de nombreuses familles marocaines, elle rime avec stress et dépenses record. Cahiers, stylos, livres et cartables se transforment en poids financier réel, pesant particulièrement sur les ménages des classes moyenne et populaire.
Les marchés affichent depuis quelques jours une affluence exceptionnelle, les parents se pressant pour acheter les fournitures nécessaires à leurs enfants. Dans un contexte de coût de la vie en hausse, beaucoup doivent chercher des alternatives pour faire face à l’addition.
Des prix qui explosent
Selon plusieurs commerçants, la flambée des prix s’explique par la hausse des coûts de transport et des matières premières comme le papier, le plastique ou l’encre, dont les tarifs suivent les fluctuations internationales. À cela s’ajoutent l’augmentation des salaires et parfois la spéculation sur la demande accrue en début de saison scolaire.
Malgré ce constat, certains produits comme des cahiers ou des portefeuilles connaissent une baisse légère, grâce à la diversité de l’offre et à la concurrence, signalant un effort positif de certains acteurs du secteur.
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Témoignages de parents : entre frustration et débrouillardise
De nombreux parents partagent leur stratégie pour limiter les dépenses face à des listes scolaires démesurées. Une mère confie : “Moi je prends la liste. À part les manuels et les cahiers, pour les fournitures, j’achète ce que je veux. S’ils demandent 2 ramettes de papier, j’achète une seule ou je la garde chez moi. De même pour le nombre de colles UHU ou beaucoup d’autres babioles”. Un autre parent partage un autre calvaire : “Pour une activité, ils te demandent 200 Dh pour une tenue (qu’ils font coudre) qui sert à faire une présentation de 10 minutes et à jeter après dans la poubelle”.
Ces témoignages illustrent le poids réel de la rentrée scolaire et les efforts d’adaptation des familles pour éviter que les dépenses ne deviennent un obstacle à l’éducation.
Les livres scolaires : stabilité et hausses surprenantes
Les manuels du public sont disponibles en quantité suffisante et leurs prix restent stables, assure Hassan Al-Moatasem, président de la Rabat des libraires. En revanche, certains livres importés pour l’enseignement privé affichent des hausses injustifiées, aggravant le budget des familles déjà sous pression.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs parents expriment leur frustration face à des listes de fournitures qui semblent excessives, questionnant l’utilité réelle de certaines exigences.
Un problème économique récurrent
Pour Ali Chtour, président d’une association marocaine de défense des consommateurs, cette flambée des prix est devenue un cauchemar annuel. Elle découle de la baisse du pouvoir d’achat depuis 2022, de l’inflation mondiale et de la dépendance aux importations. L’absence d’intervention effective de l’État pour réguler les prix accentue la difficulté des familles.
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Chtour réclame une surveillance stricte du marché, des programmes de soutien et le développement de l’industrie locale pour limiter la dépendance aux produits importés coûteux. Selon lui, ces mesures permettraient aux enfants de toutes les familles d’accéder à l’école sans que la rentrée se transforme en lutte financière.
Au-delà des finances, la rentrée scolaire génère également un stress important pour les parents et les enfants. Les experts en psychologie sociale alertent sur la pression parentale et les ambitions excessives, transformant le début d’année en véritable défi émotionnel.



