Le marché de l’emploi au Maroc fait face à un déséquilibre structurel préoccupant. Le ministre de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Younes Sekkouri, a révélé que l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences ne parvient pas à satisfaire plus de 100 000 demandes de recrutement exprimées chaque année par les entreprises marocaines. Un chiffre inédit, rendu public pour la première fois, qui met en lumière l’ampleur du décalage entre l’offre et la demande de travail.
Intervenant devant la Chambre des conseillers lors du 10ᵉ forum parlementaire international sur la justice sociale, le ministre a précisé que l’Anapec assure actuellement l’insertion d’environ 130 000 bénéficiaires par an, un volume porté à 150 000 cette année, avec un objectif de 200 000 intégrations à travers les différents programmes de l’emploi. Toutefois, ces efforts restent insuffisants au regard des besoins réels des entreprises.
Selon Younes Sekkouri, cette situation s’explique principalement par l’inadéquation des compétences disponibles avec les profils recherchés, ainsi que par le manque d’attractivité des salaires et des conditions de travail dans certaines régions. Le ministre a également attiré l’attention sur l’importance de la population des jeunes sans emploi, ni formation, ni scolarité, qui représente une part significative des demandeurs d’emploi.
Pour répondre à ces défis, le gouvernement a engagé un changement d’approche en ouvrant l’inscription à l’Anapec aux jeunes non diplômés et en renforçant le programme de l’apprentissage professionnel, axé sur la formation pratique en entreprise. L’objectif affiché est de corriger les déséquilibres du marché du travail et de favoriser un emploi décent, condition essentielle d’une justice sociale durable.

